[Economie] Nucléaire VS Energie renouvelable : la solution française serait en train de perdre la bataille

Ok merci. A ce point ? Selon diverses sources lues à l'instant leur production ne semble de loin pas aussi important que celle des USA ( pétrole global la ). Et à priori ce pétrole est exporté et non brulé sur place ce qui ne devrait pas excessivement impacter le CO2 du pays. Mais par contre c'est effectivement une production bien sale si on peut dire ( par rapport aux puits classique)
 
Actuellement, à peu près tous les pays riches comptent sur l’hydrogène pour décarboner, en particulier les transports. Certains rêvent d’en faire avec des EnR, d’autres avec du nucléaire, mais tout le monde compte dessus.

Et patatras :


Je me méfie d’un article unique, qui parle d’une étude unique. C’est mou comme « preuve ». A suivre donc, mais ce serait une sacrée mauvaise nouvelle qui forcerait vraiment vers plus de sobriété.
Il y a tout de même plusieurs scientifiques issus de plusieurs organismes, et de pays différents, qui en parlent. Très interpellant.
 
Normalement, les recherche sur l’hydrogène doivent quand même un peu bouger, car les états financent les entreprises qui veulent y jeter un oeil, dont la France.
Cela ne va pas forcement donner quelque chose, car toutes ne le font surement pas de bonne foi mais par aubaine.
 
Tant que je ne verrai pas un déploiement massif et coordonné entre les pays européens, que ce soit au niveau industriel ou grand public, je range l’hydrogène dans la grande catégories des technos destinées à faire croire que demain on s’occupera du problème, et qu’il ne faut pas trop en demander aujourd’hui à l’aviation, au transport routier et à l’intermittence des renouvelables. C’est l’impression qu’il me laisse, au même titre que la fusion dans le domaine du nucleaire. « Pas besoin de régler les problèmes actuels, la solution miraculeuse arrive demain ».
 
Tout à fait d'accord, je pense qu'on serait capable rapidement de créer de l'hydrogène vert, mais le déploiement des stations me semble un frein énorme.
 
Franchement ce n'est pas un frein. Comme nous l'avait dit le créateur de la Toyota Mirai, les constructeurs iront là où les infrastructures existeront. Et Toyota et beaucoup d'autres investissent dans les infrastructures.
Après le problème que l'on a c'est le coût de la tonne de CO2 en Europe. Actuellement aux alentours de 40€, soit très loin du coût de rachat de l'électricité verte des particuliers qui met la tonne de CO2 à 1500€ à minima. Quand ce coût CO2 va augmenter, investir dans une installation hydrogène vert sera moins cher qu'une station de charge Tesla (qui coûte un bras en câbles cuivre). Le problème c'est que 2centimes d'euro ont mis les gilets jaunes dans la rue. J'imagine pas si on multiplie par deux ou trois ce coût du CO2.
 
Vu le coût bien plus important d'une station de H2, je ne suis pas certain qu'on parvienne rapidement à un maillage convenable de ces stations. Sans compter le prix du kg de H2 à la dite-station, les problèmes de production verte, du mauvais rendement, du manque de fiabilité de la pac, etc...
 
Dernière édition:
Le pétrole s’est répandu partout à une vitesse fulgurante parce que ses avantages immédiats sur l’existant (traction animale en gros) étaient énormes, c’était quasiment un miracle. Il n’y a pas eu besoin de convaincre qui que ce soit, de planifier, de faire des stratégies : les utilisateurs en voyaient les avantages immédiatement et industriels comme particuliers se sont précipités dessus. Le pétrole a rempli un vide « fonctionnel » et c’est ce qui explique son succès.

Pour l’hydrogène ce sera une autre histoire. Le seul avantage qu’il a par rapport au pétrole c’est qu’il peut être décarboné. Pour tous les autres critères il est plutôt moins bon, au mieux equivalent. Et il ne remplit pas un vide, il va essayer de concurrencer un pétrole omniprésent. Son seul espoir est de bénéficier de politiques stratégiques bien foutues, coordonnées au niveau européen au moins. Ça veut dire renchérir le pétrole via les taxes, lancer de la production électrique bas carbone supplémentaire, prévoir des filières de formation, de la recherche etc.

Pour le dire simplement, je n’ai plus aucune confiance dans la classe politique, française ou européenne, pour faire ce genre de plan à long terme. La démocratie est tombée dans un court-termisme digne de la pire entreprise capitaliste qui ne voit que les bénéfices sur 2-3 ans et laisse le Grand Plan aux suivants.
 
Pour le dire simplement, je n’ai plus aucune confiance dans la classe politique, française ou européenne, pour faire ce genre de plan à long terme. La démocratie est tombée dans un court-termisme digne de la pire entreprise capitaliste qui ne voit que les bénéfices sur 2-3 ans et laisse le Grand Plan aux suivants.
Je suis tout à fait d'accord avec toi, seulement, les politiques ne peuvent pas dire/faire du jour au lendemain un prix du litre d'essence à 5 ou 10€. Car personne même toi qui est convaincu dirait que c'est supportable.
 
Justement une augmentation soudaine serait l’inverse d’une stratégie bien foutue… il faut l’ensemble des actions que j’ai mentionnées, et bien d’autres auxquelles je n’ai pas pensé, plus une communication énorme, la prise en compte des impacts sociaux, etc. le tout dans un grand plan qui tient debout. C’est pour cet aspect « grand programme industriel qui soutient une action sociale » que j’ai perdu espoir. Le commissariat au plan de Bayrou est un gadget risible fait pour caser un copain, alors que c’est exactement ce qu’il fallait mettre en place sérieusement.

Idem pour le changement climatique en général, ce n’est plus un sujet qui se traite en parallèle du reste, c’est un sujet dont le traitement devrait conditionner le traitement de tout le reste. Mais j’ai perdu espoir.
 
Je crois que tu as raison, trop gros, trop long terme, le retour sur investissement politique n'est pas assez rapide... :depressed:
 
J’ai la « chance » de participer cette semaine à la COP26 à Glasgow à travers une ONG française.

Pour rappel la COP est une conférence au sommet annuelle impliquant quasiment tous les états et organisée par l’ONU. Le but est de voir où en est l’exécution des accords de Paris (COP21 de 2015) sur la réduction mondiale des émissions de gaz à effets de serre.

Il y a deux niveaux : la « zone bleue » réservée aux délégués des pays et aux VIP, et la « zone verte » où les entreprises et ONG plus petites peuvent exposer un stand. Dans chaque zone il y a tous les jours des événements, conférences, projections, débats etc. Évidement dans la zone bleue il y a surtout les espaces de négociations où les délégués nationaux bossent sur un accord global qu’ils doivent tous signer à la fin et annonçant des nouvelles promesses.

Premier truc qu’on voit a l’accueil de la zone verte : un énorme stand « la formule 1 électrique est nécessaire pour sauver le monde ». C’est le message littéral qui défile sur les panneaux.

490f8b1c954a71b620656db4ca86a41b.jpg


Ça donne une bonne idée de la suite des stands.

Microsoft a un stand où ils expliquent que leurs solutions IT permettent de sauver le monde. Il y a même deux éoliennes de 3m de haut alimentées par un petit moteur, c’est dire s’ils prennent le sujet au sérieux.

Royal Bank of Scotland a un stand où ils expliquent qu’ils *essaient* de financer *surtout* des business soutenables, et qu’ils résoudront le problème. Je leur demande comment ils décident ce qui est soutenable ou pas, quels sont leurs critères en sachant par exemple que la taxonomie européenne n’est pas encore complète ? « On fait au mieux, si c’est soutenable c’est bien ». Vous financez encore du fossile ? « On essaie d’eviter ». En parallèle la presse parle du fait qu’ils financent un nouveau gros gisement de gaz dans les îles Hebrides.

Le stand de Hitachi présente un démonstrateur de voiture électrique avec des moteurs-roue. L’écran au fond montre deux éoliennes, du coup c’est une voiture propre, et leur écran explique qu’ils vont résoudre le problème.

Il y a un énorme stand de plusieurs éditeurs de jeux vidéo réunis (Ubisoft etc.) qui expliquent que grâce à leur audience sur les jeunes ils peuvent porter des messages forts sur le réchauffement et qu’ils résoudront le problème.

Partout, des entreprises dont la seule qualité est d’entraîner une grande dépense d’énergie et matériaux affichent leur confiance sur le fait que le problème du climat sera résolu. Et personne sur aucun stand n’est capable d’avoir une discussion un minimum pointue sur le sujet. C’est des personnes de l’équipe marketing ou ventes qui ne connaissent même pas le problème en détails, mais qui m’assurent qu’ils vont le résoudre.

Au total, une quarantaine de stands d’entreprises qui vont sauver le monde, tant qu’on ne leur demande pas trop d’efforts.

A chaque pas, deux expressions sont omniprésentes : « net zéro 2050 » (sous-entendu les émissions de GES seront compensées pour arriver à 0 en 2050) et « 100% renewable energy ». Personne ne parle de l’état actuel des choses, uniquement d’un futur rêvé sans aucun plan pour y arriver.

En parallèle, mes « collègues » ayant accès à la zone bleue ne sont pas beaucoup plus positifs. C’est un peu la même ambiance, avec des VIP qui rendent le problème encore plus caricatural :


(Thomas Wagner n’a pas de lien avec nous)

Je suis ressorti de tout ça amer et découragé. C’est les Jeux Olympiques du Greenwashing. Je comprends mieux le graphique de Jancovici où il avait placé les différentes COP passées sur la courbe du CO2 : qu’elles soient une réussite ou un échec, on ne voit strictement aucun effet sur les émissions.

En parallèle, on apprend que suite à des manœuvres politiciennes pitoyables et des négociations honteuses dignes des pires marchand de tapis entre les pays, l’Europe va probablement inclure le nucléaire ET le gaz dans la taxonomie. Le gaz va donc être déclaré officiellement comme bon pour le climat et le développement de ces centrales sera financé pour pas cher avec de l’argent européen.



Je ne sais plus qui a les clés du problème et suffisamment de manettes en main pour pouvoir faire vraiment quelque chose. Si j’avais des gamins, je commencerais a paniquer pour eux à peu près maintenant. Je commence à me dire qu’on peut tout aussi bien profiter de la fête jusqu’au bout et à fond, parce que quoi qu’on fasse l’addition va quand même tomber et qu’elle sera catastrophique pour tout le monde.
 
Ces grandes messes tout comme les salons vert ou pas sont l'occasion d'un gaspillage d'énergie honteux !
Et les Français sont bien obligé de soutenir le gaz sous peine de se mettre les Allemand sur le dos (ces derniers étant incapables d'assumer leurs choix, et voudraient bien nous entrainer dans le trou ou ils sont tombés !)
 
@FoLuxo ce que tu écris est infiniment triste... C'est vraiment à croire que tout le monde s'en fou.
Quand plus rien ne sera tenable (climat, social, économie), alors les décisions politiques viendront d'elles mêmes. Certes beaucoup trop tard, mais elles viendront tout de même. Et l'ensemble des générations et des décideurs politiques responsables de toute la merde qu'hériterons nos enfants seront mis au ban de l'histoire et pointé (à juste titre) du doigt (probablement du majeur).
En attendant, on peut aussi se restreindre à son niveau sans regarder ce que fais le voisin, ce qu'il consomme, où il voyage... Qui sait, peut-être qu'un jour nous serons suffisamment nombreux pour faire avancer les choses.
 
En 2015, l'Expo de Milan avait pour thème "Nourrir la planète" il était initialement prévu qu'elle se déroule dans une ancienne zone industrielle où se trouvaient déjà des hangars prêts à l'emploi où, surtout, chaque nation devait apporter ses produits, montrant toute la chaîne de la culture à la vente.
Au lieu de cela, ils ont construit sur des terres agricoles, occupant 1,1 million de mètres carrés.
J'y étais et je peux vous assurer que seuls 20 % étaient axés sur la nutrition, le reste n'était que de la publicité touristique pour les nations, même certaines nations du Moyen-Orient avaient l'extraction du pétrole comme objectif principal.
Tous ces G20, G7, COP26, etc. ne sont rien d'autre qu'une parade, les décisions importantes ont déjà été prises à huis clos, ce défilé ne sert qu'à faire croire que les "puissants" essaient de faire quelque chose, ils servent à faire des "vacances de luxe" et servent à laisser les opposants se défouler avec des protestations et des marches, s'ils voulaient vraiment faire quelque chose ils pourraient se réunir sur un porte-avions militaire au milieu de la mer.
Le Premier ministre indien Narendra Modi a proposé la décarbonisation d'ici 2070 car son pays a besoin de se développer, dommage que l'Inde ait l'un des plus grands écarts entre les riches et les pauvres et que les castes sociales existent toujours, je me demande qui va bénéficier de ce développement grâce au charbon.
 
...Tous ces G20, G7, COP26, etc. ne sont rien d'autre qu'une parade, les décisions importantes ont déjà été prises à huis clos, ce défilé ne sert qu'à faire croire que les "puissants" essaient de faire quelque chose, ils servent à faire des "vacances de luxe"...
Comment as-tu ces informations ?
 
@guilhem41 le G20 a été créé en 1999 après une succession de crises financières pour promouvoir l'internationalité économique et représente 80% du PIB mondial.
Dès le départ, le forum a consacré une grande partie de son ordre du jour à la dette nationale, notamment celle des économies émergentes, et à la stabilité financière mondiale. Au fil des ans, les objectifs ont également porté sur la réglementation du commerce international et des marchés financiers.
Depuis 2015, avec l'adoption par les Nations unies des 17 "Objectifs de développement durable" et après la signature de l'Accord de Paris sur le climat, l'agenda du G20 a commencé à se concentrer sur des questions d'une pertinence mondiale plus large. La lutte contre le changement climatique, les migrations, la numérisation, l'emploi, les systèmes de santé, l'égalité des sexes et l'aide au développement ont commencé à être abordés lors du forum international. Dans un monde de plus en plus globalisé, ces questions, ainsi que les questions plus financières, sont transversales et interconnectées, imposant la nécessité d'une réponse collective mondiale.
Il ne me semble pas qu'au cours de ces 22 années, ils aient été en mesure d'accomplir beaucoup de choses, puisque nous sommes maintenant de retour à la case départ.
Je dois me corriger en disant qu'ils ont fait quelque chose au cours des 22 dernières années, ils ont réussi à faire couler encore plus ceux qui flottaient déjà avec difficulté.
Si même une personnalité aussi stricte que la reine Élisabeth II a déclaré qu'il était temps d'agir et non de parler, cela signifie que jusqu'à présent, ces réunions ont été inutiles.
Je ne pense pas qu'il faille être un expert en géopolitique ou un économiste pour comprendre que tout tourne autour des intérêts économiques de quelques-uns avec le soutien des politiciens.
 
Je suis écoeuré par le greenwashing et la malhonnêteté intellectuelle de ceux (entreprises ET particuliers) qui veulent juste verdir leur image. Cela étant, beaucoup d'entre nous se félicitent ici de rouler dans une voiture "respectueuse de l'environnement". Comme quoi le greenwashing nous touche aussi...

Le GIEC a dit une chose : les activités humaines sont responsables du réchauffement climatique.
La COP dit autre chose : on doit viser la neutralité carbone pour stopper le réchauffement climatique. L'accord de Paris est, il me semble, ambitieux.

Ce sont des décisions fortes, quand on sait que certains mettent (encore) en doute les conclusions du GIEC. Je suis étonné @ziocar que tu aies des doutes sur les conclusions du GIEC ;) mais que tu regrettes que la COP n'en fasse pas assez.

Après, il faut quand même s’intéresser un peu à la géopolitique : la COP est une organisation internationale, elle ne se substitue pas à la souveraineté des nations. Pour cette raison, même si la déforestation en Amazonie est une honte, le Brésil reste souverain sur sa forêt qui lui appartient. A partir de là, il y a 2 options : la négociation ou la guerre. La COP choisit la négociation ; je suis d'accord avec la COP.

En fait chaque pays reste souverain et met en œuvre les mesures qui lui semblent appropriées pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris. Et c'est là que ça coince ! Parce que le jour où les pays mettront en œuvre les mesures nécessaires (interdire pétrole, gaz et charbon), beaucoup trouveront que la COP en a trop fait...
 
Retour
Haut