L’article mensonger du jour nous vient de Ouest France. D’autant plus dommageable que l’article s’appelle « VRAI/FAUX sur les éoliennes » et prétend corriger des idées reçues sur l’éolien. J’en parle parce qu’à plusieurs reprises il mentionne le nucléaire et parce qu’il est mensonger.
Déjà l’article est en grande partie soufflé (pour ne pas dire écrit) par Bernard Deboyser, dont le biais anti-nucléaire n’est un secret pour personne qui le connaît.
« Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), les éoliennes fonctionnent aujourd’hui entre 75 % et 95 % du temps »
Hehe c’est des malins : pour eux, à partir du moment ou une éolienne produit ne serait-ce que 1% de sa capacité, elle fonctionne ! Du coup au lieu du parler du facteur de charge de 20% (en moyenne une éolienne fournit 20% de sa puissance), ils parlent en temps où elle tourne... On dirait les pubs de Toyota qui parlent de % en mode électrique, en comptant les arrêts et sans parler de la consommation globale... Le nombre d'heures de fonctionnement par jour ou par an, sans tenir compte de la puissance fournie, ne renseigne sur rien
« et les nouveaux modèles ne cessent d’améliorer cette production »
Pas vraiment... Les premiers emplacements utilisés étaient les plus favorables - l’article le dit, c’est le nord de la France qui contient le plus d’éoliennes. Les éoliennes suivantes n’ont pas un facteur de charge beaucoup meilleur, et seront installées dans des emplacements moins favorables. L’exception c’est l’off shore - mais il y en a 0 en France actuellement.
« Pour réguler cette variabilité, il existe différentes solutions de stockage. Par batteries électriques (celles des voitures est un moyen), via l’hydrogène ou les stations de pompage-turbinage des barrages hydrauliques (dites Step). La France est bien pourvue de ce côté-là. »
Pour être clair : il n’y a PAS le stockage nécessaire. Cette phrase est juste mensongère et c'est probablement une des pires idées qu'on peut mettre dans la tête des gens. Il y a des idées, des concepts, des prototypes, mais pas le stockage nécessaire pour absorber la prod éolienne. C’est pour ça que dès que le vent souffle, les prix spot du courant (sur la bourse entre les opérateurs européens) se casse la gueule et devient de plus en plus souvent négatif. S’il y avait un stockage suffisant, on ne verrait pas ces anomalies.
« Toutes les études scientifiques sérieuses montrent que 100 % d’électricité issue des renouvelables est faisable. C’est moins facile, il faut davantage de câbles souterrains, mais cela fonctionne »
Toutes les études en question prennent des hypothèses audacieuses : on inventera du stockage suffisant ; on acceptera de couper les consommateurs en période de pénurie. Et l’explication « il faut quelques câbles de plus », comment dire...
Après on a tout un paragraphe sur les coûts :
« L’éolien est coûteux
FAUX. L’État a dépensé pour soutenir cette filière avec des compléments de rémunération pour les acteurs. Le rapport de la Cour des comptes de 2018 sur le soutien public aux énergies renouvelables est souvent cité, notamment les 5,3 milliards d’euros pour l’année 2016. Mais cette somme couvre tout le renouvelable. La filière est désormais mature et coûtera moins au contribuable. »
Bon ben c’est raté...
On sera à 5.8 milliards sur 2020, +10% quatre ans après. Et « la filière est mature » signifie quoi, qu’ils n’ont plus besoin de subventions ?
« Le coût des parcs éoliens actuellement construits varie entre 26 et 51 €/MWh, en Europe, selon leur lieu d’implantation. C’est nettement plus compétitif que les nouveaux projets nucléaires de type EPR, comme Hinkley Point, en Angleterre, dont la fourchette varie entre 102 et 172 €/MWh »
Une comparaison au MWh entre de l’intermittent et du pilotable qui n’a aucun sens : le MWh ne rend pas le même service suivant qu’il vient de l’un ou de l’autre. Pour la même raison, on ne compare pas le prix de l’eau de pluie avec celui de l’eau en bouteille. La seule comparaison valable c’est à système complet. Et quand on regarde l’Energiewende allemande, on sait pourquoi personne ne les suit. Et les 172 € sont accessoirement faux...
« Les éoliennes sont polluantes
FAUX. Cette énergie est la plus vertueuse pour la santé des écosystèmes et présente le meilleur bilan carbone de toutes les énergies. Selon le groupe d’experts du climat des Nations Unies (Giec), l’éolien terrestre affiche le plus bas taux d’émission en gramme de CO2 par kilowattheure (CO2 eq/kWh) : 11 g en moyenne, contre 12 g pour le nucléaire. Une éolienne n’en émet qu’au moment de sa construction. »
La plus vertueuse pour les écosystèmes ? Ben non... C’est une affirmation complètement gratuite et fausse - le nucléaire est beaucoup, beaucoup plus compact en artificialisation des sols et économe en ressources.
Pour ce qui est du bilan carbone, c’est vrai au niveau mondial - nucléaire et éolien sont au même niveau. Mais ce n’est pas vrai en France : le nucléaire français, en grande partie parce qu’il enrichit l’uranium avec du courant bas-carbone, est à 4 g CO2/KWh. Trois fois moins que l’éolien... (source)
« Une éolienne n’a pas besoin d’eau pour être refroidie, ne craint pas les inondations et l’on peut cueillir des champignons au pied du mât »
Là c’est une attaque en creux à destination du nucléaire. L’éolien n’a pas besoin d’eau (qui est présente 99.99% du temps) mais il a besoin de vent (qui est présent 20% du temps). Comme je l’ai mis plus haut, les périodes chaudes sont plus problématiques pour l’éolien que pour le nucléaire. Et l’histoire des champignons c’est risible : il n’y a aucun rejet dangereux de radioactivité près des centrales nucléaires. Il y a plus de rejets radioactifs dans les cendres des centrales à charbon que près des centrales nucléaires (si si...)
« Les éoliennes ne se recyclent pas
FAUX. 95 % des composants d’une éolienne se recyclent selon les professionnels de la filière, 90 % selon l’Ademe. Les matériaux composites des pales (fibre de verre, carbone), qui jusqu’ici posaient problème ont déjà trouvé une nouvelle vie aux États-Unis ou aux Pays-Bas. »
Bon ben c’est raté aussi, j’en ai parlé plus haut... Il n'y a que des idées et des concepts, mais en pratique on continue à enfouir.
Heureusement que c’est un article de type VRAI/FAUX, on se demande ce qu’ils auraient raconté si ça avait été une pub de la FÉE, le lobby du secteur...
Déjà l’article est en grande partie soufflé (pour ne pas dire écrit) par Bernard Deboyser, dont le biais anti-nucléaire n’est un secret pour personne qui le connaît.
« Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), les éoliennes fonctionnent aujourd’hui entre 75 % et 95 % du temps »
Hehe c’est des malins : pour eux, à partir du moment ou une éolienne produit ne serait-ce que 1% de sa capacité, elle fonctionne ! Du coup au lieu du parler du facteur de charge de 20% (en moyenne une éolienne fournit 20% de sa puissance), ils parlent en temps où elle tourne... On dirait les pubs de Toyota qui parlent de % en mode électrique, en comptant les arrêts et sans parler de la consommation globale... Le nombre d'heures de fonctionnement par jour ou par an, sans tenir compte de la puissance fournie, ne renseigne sur rien
« et les nouveaux modèles ne cessent d’améliorer cette production »
Pas vraiment... Les premiers emplacements utilisés étaient les plus favorables - l’article le dit, c’est le nord de la France qui contient le plus d’éoliennes. Les éoliennes suivantes n’ont pas un facteur de charge beaucoup meilleur, et seront installées dans des emplacements moins favorables. L’exception c’est l’off shore - mais il y en a 0 en France actuellement.
« Pour réguler cette variabilité, il existe différentes solutions de stockage. Par batteries électriques (celles des voitures est un moyen), via l’hydrogène ou les stations de pompage-turbinage des barrages hydrauliques (dites Step). La France est bien pourvue de ce côté-là. »
Pour être clair : il n’y a PAS le stockage nécessaire. Cette phrase est juste mensongère et c'est probablement une des pires idées qu'on peut mettre dans la tête des gens. Il y a des idées, des concepts, des prototypes, mais pas le stockage nécessaire pour absorber la prod éolienne. C’est pour ça que dès que le vent souffle, les prix spot du courant (sur la bourse entre les opérateurs européens) se casse la gueule et devient de plus en plus souvent négatif. S’il y avait un stockage suffisant, on ne verrait pas ces anomalies.
« Toutes les études scientifiques sérieuses montrent que 100 % d’électricité issue des renouvelables est faisable. C’est moins facile, il faut davantage de câbles souterrains, mais cela fonctionne »
Toutes les études en question prennent des hypothèses audacieuses : on inventera du stockage suffisant ; on acceptera de couper les consommateurs en période de pénurie. Et l’explication « il faut quelques câbles de plus », comment dire...
Après on a tout un paragraphe sur les coûts :
« L’éolien est coûteux
FAUX. L’État a dépensé pour soutenir cette filière avec des compléments de rémunération pour les acteurs. Le rapport de la Cour des comptes de 2018 sur le soutien public aux énergies renouvelables est souvent cité, notamment les 5,3 milliards d’euros pour l’année 2016. Mais cette somme couvre tout le renouvelable. La filière est désormais mature et coûtera moins au contribuable. »
Bon ben c’est raté...
On sera à 5.8 milliards sur 2020, +10% quatre ans après. Et « la filière est mature » signifie quoi, qu’ils n’ont plus besoin de subventions ?
« Le coût des parcs éoliens actuellement construits varie entre 26 et 51 €/MWh, en Europe, selon leur lieu d’implantation. C’est nettement plus compétitif que les nouveaux projets nucléaires de type EPR, comme Hinkley Point, en Angleterre, dont la fourchette varie entre 102 et 172 €/MWh »
Une comparaison au MWh entre de l’intermittent et du pilotable qui n’a aucun sens : le MWh ne rend pas le même service suivant qu’il vient de l’un ou de l’autre. Pour la même raison, on ne compare pas le prix de l’eau de pluie avec celui de l’eau en bouteille. La seule comparaison valable c’est à système complet. Et quand on regarde l’Energiewende allemande, on sait pourquoi personne ne les suit. Et les 172 € sont accessoirement faux...
« Les éoliennes sont polluantes
FAUX. Cette énergie est la plus vertueuse pour la santé des écosystèmes et présente le meilleur bilan carbone de toutes les énergies. Selon le groupe d’experts du climat des Nations Unies (Giec), l’éolien terrestre affiche le plus bas taux d’émission en gramme de CO2 par kilowattheure (CO2 eq/kWh) : 11 g en moyenne, contre 12 g pour le nucléaire. Une éolienne n’en émet qu’au moment de sa construction. »
La plus vertueuse pour les écosystèmes ? Ben non... C’est une affirmation complètement gratuite et fausse - le nucléaire est beaucoup, beaucoup plus compact en artificialisation des sols et économe en ressources.
Pour ce qui est du bilan carbone, c’est vrai au niveau mondial - nucléaire et éolien sont au même niveau. Mais ce n’est pas vrai en France : le nucléaire français, en grande partie parce qu’il enrichit l’uranium avec du courant bas-carbone, est à 4 g CO2/KWh. Trois fois moins que l’éolien... (source)
« Une éolienne n’a pas besoin d’eau pour être refroidie, ne craint pas les inondations et l’on peut cueillir des champignons au pied du mât »
Là c’est une attaque en creux à destination du nucléaire. L’éolien n’a pas besoin d’eau (qui est présente 99.99% du temps) mais il a besoin de vent (qui est présent 20% du temps). Comme je l’ai mis plus haut, les périodes chaudes sont plus problématiques pour l’éolien que pour le nucléaire. Et l’histoire des champignons c’est risible : il n’y a aucun rejet dangereux de radioactivité près des centrales nucléaires. Il y a plus de rejets radioactifs dans les cendres des centrales à charbon que près des centrales nucléaires (si si...)
« Les éoliennes ne se recyclent pas
FAUX. 95 % des composants d’une éolienne se recyclent selon les professionnels de la filière, 90 % selon l’Ademe. Les matériaux composites des pales (fibre de verre, carbone), qui jusqu’ici posaient problème ont déjà trouvé une nouvelle vie aux États-Unis ou aux Pays-Bas. »
Bon ben c’est raté aussi, j’en ai parlé plus haut... Il n'y a que des idées et des concepts, mais en pratique on continue à enfouir.
Heureusement que c’est un article de type VRAI/FAUX, on se demande ce qu’ils auraient raconté si ça avait été une pub de la FÉE, le lobby du secteur...







