[Economie] Nucléaire VS Energie renouvelable : la solution française serait en train de perdre la bataille

De mon point de vue, ce n'est pas une bonne nouvelle du tout. Et il y a plein de raisons pour cela. Je n'ai pas trop le temps de développer immédiatement.
Mais ce que je crains le plus, c'est qu'EDF cache la misère sous le tapis ce qui lui permet de continuer comme si tout allait bien dans la filière nucléaire, ce qui n'est évidemment pas du tout le cas.
J'aurais largement préféré que d'une part ils prennent leurs responsabilités, qu'ils s'engagent dans ces chantiers et qu'on arrête de nous faire croire que le nucléaire c'est une énergie quasi gratuite (un peu de provocation ne nuit pas ;) ). Cela permettrait de montrer un autre visage du nucléaire et peut-être, enfin, de consacrer de l'argent à autre chose qu'à ça.
 
Non la filière nucléaire française ne va pas bien du tout.
Tous les acteurs, notamment Areva, se cassent la gueule financièrement.

C'est en partie liée aux faits, comme j'ai signalé dans le premier post, que les pays en voie de développement préfèrent les énergies renouvelables, dont les statistiques 2015 ont à nouveau confirmé cette tendance:
2015, année record pour les énergies renouvelables dans le monde

C'est pour ça d'ailleurs que la France est en train de restructurer sa filière nucléaire, pour être plus puissante dans l'exportation.
Elle organise d'ailleurs, pour la deuxième fois, le WNE (World Nuclear Exhibition) à Paris Bourget, d'ici la fin du mois.
Bienvenue sur WNE, le Salon du nucléaire - World Nuclear Exhibition
Le but, est évidemment exporter le savoir faire français à l'étranger.

Pour ceux qui sont motivés à aller, c'est gratuit les entrées. :)

Oui pour le report du démantèlement de ces centrales ça ne va pas être sans conséquence, mais EDF a été très ferme sur ce sujet : c'est dit dans l'article, qu'EDF considère que cette stratégie de report sera validée, car l'électricien considère ça comme un acquis pour ses budgets futurs. (en un mot, "vous n'avez pas de choix, de toute façon je n'ai pas de sous")
 
On pourrait très bien répondre à EDF : tu arrêtes ton fantasme budgétaire, tu revois tes budgets à la baisse et tu provisionnes tes démantèlements dès aujourd'hui.
 
Je trouve ça magique comme solution : créer une nouvelle entité pour reconstruire la confiance des clients, et laisser les dossiers pourris moisir chez Areva. C'est très malin.

Au sujet de la transition énergétique en France, voilà la réponse officielle :
  • Les énergies renouvelables, c'est très bien et c'est l'avenir.
    Mais il faut faire du nucléaire.
J'ai eu le CR de quelqu'un qui a assisté à la rencontre parlementaire des ENR, ce qui bloque en France, c'est les législations qui font que le coût de l'ENR n'est pas compétitif alors que les autres pays y arrivent (je dois avouer que je ne comprend pas pourquoi).
D'autre part, en terme des infrastructures d'électricité, on a un réseau centralisé autour des centrales nucléaires, alors que les énergies renouvelables nécessitent un réseau décentralisé. Les investissements, j'imagine, sont conséquents.

Mais je suis convaincu que le coût du nucléaire est largement masqué au grand public, et plus le temps passe, plus ce prix va nous rattraper.
D'ailleurs c'est le cas : Hausse rétroactive des tarifs réglementés de l’électricité « de 1,50 euro par mois sur 18 mois »

Au Japon, dès 2011, on commence d'ailleurs à contester le coût de calcul du coût réel du nucléaire.
Un économiste a d'ailleurs épluché les rapports financiers des différents entreprises d'électricité du Japon, pour avoir les vrais chiffres du coût de l'énergie nucléaire (valeur moyenne entre 1970 et 2007) :
  • Coût nucléaire : 1 kWh = 10,63 Yens vs 5,3 Yens annoncés par l'Etat
    Ce prix s'envole à 12 Yens si on prend en compte le stockage de l'énergie produit par les réacteurs la nuit.
  • Coût du charbon : 1 kWh = 9,9 Yens
Cette différence est due au :
  • Le secteur avait fixé un facteur de charge nucléaire autour de 80 % => Or la réalité c'est 60,7% (chiffre 2007) dû aux arrêts et aux maintenances.
  • Le coût ne prend pas en compte l'investissement de l'Etat : entre 1997 et 2007, le gouvernement japonais a investi 620 Mds Yens.
  • Le coût du traitement des déchets est sous estimé : les investissements ne peuvent que traiter la moitié des déchets
D'autre part, les fournisseurs facturent un certain forfait (environ 2 euros par mois) auprès des utilisateurs pour compenser le coût du cycle du combustible nucléaire.
Source : Nikkei

Je pense qu'en France, on a un peu près les même méthodes ?
 
Je soupçonne que la réorganisation d'Areva n'a pas que pour but de redorer le blason de la filière.
Il permet probablement de mettre les pépites d'or à l'abri chez EDF ou ailleurs et laisser la pourriture et la dette aux gentils contribuables qui n'ont qu'à combler le trou.

Le coût du kWh nucléaire en France est purement virtuel. Il faudrait faire le même calcul qu'au Japon pour déterminer le vrai coût en incluant tous les investissement de l'Etat, c'est à dire le nôtre, pour savoir ce que l'on paye réellement. Et quand j'écris "réellement", c'est probablement "approximativement" qu'il faut lire sachant que le coût des déchets, on ne le connait même pas.
 
Le Chili lui est déjà capable de produire toute son électricité sous forme renouvelable !! Bon ils sont un peu favorisés si on peut dire par la géographie...
 
Pour info, un premier bilan de l'audit qualité est sorti sur le site Areva NP de Creusot (qui faisait les pièces en fonderie):
Fessenheim: l'Autorité de sûreté nucléaire dresse un constat sévère - L'Express L'Expansion

D'après l'ASN, pas moins de 87 irrégularités ont été découvertes.

Parmi les 23 cas les plus graves, le plus inquiétant se trouve à Fessenheim, au niveau du générateur de vapeur du réacteur 2.
L'ASN l'avait agréé en 2012 sans avoir eu connaissance de cette non-conformité.
"La nature de l'anomalie est susceptible de remettre en question la sûreté de l'équipement."
Le réacteur 2 de Fessenheim est arrêté depuis juin dernier et ne redémarrera pas avant des examens complémentaires.

20 irrégularités parmi ces 87 concernent Flamanville, qui doit démarrer en 2018. Ils ne font pas partie des cas les plus inquiétants cités par l'ASN. Et pour cause, "l'EPR n'est pas en service donc ne présente pas de risque".

La fin du communiqué de l'ASN est cependant très dure pour Areva. "Indépendamment de leurs conséquences réelles sur la sûreté, ces irrégularités mettent en lumière des pratiques inacceptables", avertit l'autorité.
 
Nous revoilà aux pays des Bisounours... Mais que peut-on espérer d'autre quand l'ASN n'est là que pour étudier les déclarations des fournisseurs et des exploitants sans avoir les moyens nécessaires pour faire ce qu'il faut.

Aller, tout va bien Madame la Marquise...
 
Effectivement Ce n'est toutefois pas nouveau. J'ai vu une vidéo sur ce sujet. Il faudrait que je la retrouve pour mettre le lien ici.

Cotentin, c'est pourri. Il faut savoir que les rejets aériens ne sont pas vraiment encadrés et que l'usine de retraitement balance toute sorte de nucléides dans l'air.
Greenpeace s'est amusé à mesurer la radioactivité à la sortie de la cheminée avec un cerf-volant, ce n'est pas triste.
 
Les chiffres sur un compteur c'est sympathique, j'aimerais voir une étude sur les conséquences sanitaires.

Ça me rappelle les mecs qui faisaient signer une pétition pour interdire le dihydrogène oxygéné ; les signataires étaient tout surpris d'apprendre qu'ils venaient de s'engager pour l'interdiction de l'eau :mrgreen:

Ce que je veux dire par là est que c'est facile de faire peur mais beaucoup plus dur de donner des infos concrètes et utilisables.
 
Personne n'a parlé de peur. Mais quand on sait que TOUTE contamination interne peut avoir des conséquences sur la santé alors on a droit de se poser des questions.

A partir de la minute 47 pour Cotentin :


Je n'ai pas encore retrouvé le reportage sur les prélèvements dans le ruisseau à côté du site de stockage de la Hague...
 
Personne n'a parlé de peur. Mais quand on sait que TOUTE contamination interne peut avoir des conséquences sur la santé alors on a droit de se poser des questions.
C'est justement le problème, on se pose des questions mais on manque cruellement de réponses - quelles sont les conséquences réelles ? Oui, c'est Mal, comme plein de choses autour de nous ; mais de quoi parle-t-on exactement ?
 
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