[Economie] Nucléaire VS Energie renouvelable : la solution française serait en train de perdre la bataille

En Belgique, on est dans le flou. De plus en plus de voix s'élèvent pour demander un report de la sortie du nucléaire, initialement prévue pour 2025. Les ecolos sont persuadés que l'augmentation du CO2 due à la construction de centrales au gaz pour remplacer le nucléaire ne sera que très temporaire, le temps d'augmenter les EnR. Mais ça veut dire quoi, "temporaire"? Ils parlent d'urgence à diminuer les GES et ils viennent avec des solutions dont l'Allemagne, qui a pourtant bien plus de moyens, a pourtant montré les limites (enfin, ce pays fait pire avec son charbon).
 
Il y a en a plusieurs qui se sont posés ici la question du pourquoi de l'échec de l'EPR français.

En juin, le gouvernement (pour être précis Le Maire, ministre de l’économie) avait demandé un audit pour comprendre les raisons des échecs dans la construction du premier EPR français à Flamanville. Le rapport, nommé Folz d’après son responsable, a été remis au gouvernement aujourd’hui. Il y a plusieurs articles de presse dessus, mais le mieux est d’aller à la source, le rapport lui-même, qui fait 30+ pages (écrites avec un interligne tellement grand qu’il doit en faire 15 en réalité :))


On peut lire simplement la conclusion page 31, et éventuellement la page sur les EPR chinois.

Pour résumer le résumé :
- au global, le chantier est un échec
- le design de l’EPR est bon ; il faut capitaliser dessus en lançant la construction d’autres réacteurs
- dès le début, l'équipe de projet a été mal organisée ; ça c'est beaucoup amélioré avec le temps
- les plannings initiaux annoncés étaient complètement irréalistes en tenant compte de l'existant
- les capacités et compétences industrielles ont fait défaut, en grande partie à cause de l'absence de construction de réacteur pendant quasiment 20 ans
- EDF doit re-créer une culture de la qualité à tous les niveaux, y compris chez les sous-traitants
 
Il manque deux tirets (de ma propre initiative) :
- Arrêter les frais avec des équipes qui apprennent en marchant sur un sujet aussi sensible que la sûreté nucléaire
- Se concentrer sur des sources d'énergie moins chères à la conception et à l'usage et qui ne pénalisent pas les générations futures (même avec le laser de Mourou dont lui même confesse qu'il faut encore une quinzaine d'années avant sa mise en production https://www.latribune.fr/opinions/t...ard-mourou-prix-nobel-de-physique-792642.html ).
 
Sur la construction, c’est clair que l’expérience perdue doit être corrigée. Mais rien ne remet en question la qualité ou l’aspect sûreté des phases de design (l’audit le dit explicitement, le design est bon) et d’exploitation (58 réacteurs français qui tournent depuis 40 ans pour les plus anciens, ça fait des centaines sinon des milliers d’années-réacteur, sans problème majeur).

Pour la problématique des déchets, je ne crois pas dans l’histoire des lasers ; c’est l’équivalent du stockage du renouvelable :) Si ça vient un jour, c’est parfait, mais en attendant on ne doit pas compter dessus et on doit faire sans. Et le stockage géologique profond (Bure) me semble plus réaliste au fur et à mesure que je lis les pour et contre. Je pense aussi qu’on doit faire évoluer le seuil de libération, mais c’est un autre sujet.

En supposant qu’on choisit de se passer du nucléaire, et en sachant que les renouvelables ne remplacent rien de façon définitive, seulement ponctuelle, la question est de savoir ce qu’on met en place pour remplacer - et le seul moyen réaliste c’est le gaz. Donc faire augmenter les coûts, la dépendance à la Russie, et faire exploser les émissions de GES, non, pour moi ce n’est pas une solution.
 
Si j'ai bien lu, l'"échec" de l'EPR, ce qui me semble une expression exagérée pour un merde qui coûte une blinde... mais qui marchera bien "un jour", c'est aussi un problème pour la Grand-Bretagne .... et la Finlande.
Donc les concepteurs du modèle se sont bien plantés.
Si ce modèle doit être sûr ce sera moindre mal.
S'il demeure économiquement et durablement compétitif il permettra d'éliminer tout recours au fossile.
Sinon, il faudra trouver une troisième voie pour régler le problème de l'intermittence d'ENR qui de toutes façons montent en puissance.
 
Dernière édition:
Donc les concepteurs du modèle se sont bien plantés.
De ce que j'ai compris, n'est pas la "conception" qui est en cause mais :
1) la qualité de la réalisation : 80 % de soudures foireuses ! (*)
2) l'organisation générale du chantier.


(*) Il serait peut être temps que l'on réalise, en France, que nous avons plus besoin de chaudronniers et de soudeurs que d'experts en histoire de l'Art ou de psychologues.
Le gag étant que Folz indique que les soudeurs chinois sont meilleurs :bj:
 
la qualité de la réalisation : 80 % de soudures foireuses !
Pas trop la qualité des soudures mais le matériau de la cuve était non conforme.
Notamment le taux de carbone de l' acier et sa disparité.
Le taux de carbone est une caractéristique fondamentale en métallurgie ( entre 0 et 2 % en générale ).
Un moindre écart de 0.02% met à mal beaucoup de caractéristiques mécaniques et thermiques.
La soudabilité des matériaux en dépend.
On peut également supposer des documents un peu tangents ...faut pas le dire.;)
 
De ce que j'ai compris, n'est pas la "conception" qui est en cause mais :
1) la qualité de la réalisation : 80 % de soudures foireuses ! (*)
2) l'organisation générale du chantier.


(*) Il serait peut être temps que l'on réalise, en France, que nous avons plus besoin de chaudronniers et de soudeurs que d'experts en histoire de l'Art ou de psychologues.
Le gag étant que Folz indique que les soudeurs chinois sont meilleurs :bj:

Pardon de te reprendre, la conception part de l'idée, de la feuille blanche, du cahier des charges, du choix des éléments constitutifs,puis du contrôle de leur qualité, de l'évaluation des coûts et des délais , et enfin seulement vient la qualité de l'exécution.
Résumer la situation à une soudure, sans même tenir compte " de là où elle se trouve " c'est de l'ordre de clercs qui le nez dans leur m.... ont le toupet d'accuser les lampistes...
Ce qui aggrave leur cas puisque incapables d'endosser leur responsabilité . Il faut que ce soit un crâne d'oeuf fraîchement débarqué qui dénonce l'impéritie sans toutefois froisser la vigogne de ses prédécesseurs.. lamentable....
 
Des nouvelles de la transition énergétique : en France on fermera Fessenheim l'année prochaine, 2 x 900 MW d'électricité à 10 g CO2/kWh. En même temps en Allemagne, ils démarreront ... une nouvelle centrale à charbon ! Datteln tranche 4 : 1.100 MW d'électricité, à 700 g CO2/kWh.

Le charbon, c'est la pire façon de faire du courant. Au lieu de s'en débarrasser, comme la France, l'Allemagne ajoute de la capacité...

Quand cette beauté tournera, chaque minute, c'est comme si on ajoutait sur les routes environ 10 Prius pour l'année (15.000 km par voiture). Chaque jour où ce machin tourne, c'est l'équivalent de 13.000 Prius supplémentaires qui roulent une année complète.

Et pendant ce temps on s'inquiète pour les SUV - parce que les remplacer par des Prius nous permettrait de diminuer leurs rejets de 30%. Alors que remplacer cette gigantesque merde par un seul réacteur nucléaire aurait permis de diviser ses rejets par 70 (pas réduire de 70% hein, mais bien diviser par 70).

Le futur s'annonce bien, vivement.
 
:banghead:
10 g de CO2 pour une centrale !!! Y en a encore qui répètent ce discours d’écologiste sortie de Polytechnique ...la c’est sur que dans 30 ans nos enfants vont être mal ..ça me désole en fait.
 
:banghead:
10 g de CO2 pour une centrale !!! Y en a encore qui répètent ce discours d’écologiste sortie de Polytechnique ...la c’est sur que dans 30 ans nos enfants vont être mal ..ça me désole en fait.
Ce n’est pas pour une centrale, c’est par kWh de courant produit. Le consensus est entre 6 et 12 g, et ce sont des chiffres validés par le GIEC, pour l’ensemble du cycle de vie (de l’extraction minière à la construction des centrales au démantèlement et à la gestion des déchets). Maintenant si tu as d’autres chiffres on peut en discuter.

Je rappelle juste que la réaction nucléaire n’a aucun rapport avec une combustion, il n’y a pas de flamme, il n’y a rien qui brûle et qui combine de l’oxygène avec du carbone. La réaction nucléaire elle-même n’émet aucun CO2. Les 10 g/kWh proviennent des activités « annexes » - la construction de la centrale, l’extraction du minerais, etc. Dans les centrales au charbon, c’est très différent - la combustion du charbon consiste à oxyder (=brûler) un composé très riche en carbone, le charbon, et balancer le CO2 résultant dans l’atmosphère. C’est parfaitement logique qu’au final cette façon de faire émette dans les 70 fois plus de gaz à effet de serre.
 
"« Avec ce plan(*), l’Allemagne a une chance de redevenir un pays précurseur en matière environnementale », estime Martin Kaiser, directeur de Greenpeace-Allemagne."

(*) sortie du charbon et du gaz vers 2050.

Consternant.

Ce n'est pas parce qu'on est samedi à l'heure de l'apéro qu'il faut saucissoner les sources.... ;)

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