[Economie] Mouvement FIRE : comment acquérir la liberté financière et devenir frugaliste

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion Hortevin
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Juste quelques chiffres ici, sur la France:

  • Population: 65,8 millions de personnes

  • Population active occupée: 27,8 millions de personnes (lien)

  • Nombre de fonctionnaires: 5,6 millions de personnes (lien)

  • Donc, nombre d'actifs dans le secteur privé: 22,2 millions de personnes
Ce qui veut dire que les avantages que bénéficieront les 65,8 M de personnes, sont entièrement financés sur le dos de 22,2 millions de personnes.

Cela fait que chaque actif du secteur privé doit porter sur son dos les avantages de 3 personnes (dont lui même).

Un autre chiffre encore: seulement 45% des foyers sont redevables de l'impôt sur le revenu.
Trois quarts de l'impôt sur le revenu est payé par 10% des foyers les plus aisés.

Je pense juste qu'à un moment, on ne peut pas tirer indéfiniment sur la corde, sans que ce pacte de solidarité soit rompu.
Avec des gens qui décident comment utiliser l'argent qu'ils ont contribué très faiblement, voire pas du tout.

Et, après avoir discuté avec des profs et des acteurs du secteur public, je constate cet écart de compréhension.
 
En retirant les fonctionnaires du nombre d'actifs qui financent les avantages de tout le monde, tu fais une sacrée erreur tout de même !
Ou tu leur fais un sacré procès, au choix. Et j'ai l'impression que tu as décidé qu'un fonctionnaire est par définition improductif, non ? Un parasite pour la société ? L'Argentine te tend les bras, Milei t'attend ! 🤣

Un fonctionnaire cotise, j'allais écrire "comme tout le monde" ce qui n'est pas tout à fait vrai (pour certaines composantes ils sont avantagés, pour d'autres pénalisés par rapport au privé).
Mais enfin, il cotise ! Et il produit ! Pourquoi les élimines-tu de ton équation ?
 
Il y a beaucoup de gens qui considèrent être les seuls à travailler et à "produire" dans ce pays, dans ma carrière, j'en ai rencontré des wagons. Opposer les fonctionnaires, forcément improductifs, aux "vrais" travailleurs, qui produisent est un calcul fallacieux à mon humble avis. La fonction publique, l'Etat en quelque sorte, c'est la structure indispensable qui va permettre aux "vrais travailleurs" de travailler, et donc de gagner leur vie. Personne ne nait en connaissant son métier, et en étant capable de gagner sa vie, sans l'aide de personne.. Ce sont bien les structures de l'Etat qui permettent à chacun d'y travailler. De la naissance, des structures hospitalières, de la santé, de l'éducation ( qui donc a appris à lire, écrire, acquit les diplômes qui vont permettre de gagner sa vie tout seul ?). C'est bien l'Etat, et sa fonction publique, qui garantit la propriété privée, la sécurité, intérieure comme extérieure, qui garantit mon identité, la valeur de mes diplômes, la valeur de l'argent, de la monnaie. C'est grâce à l'Etat que je suis protégé contre quiconque déciderait de s'emparer de ma maison, de mes biens, que je peux porter plainte, être entendu...
C'est aussi l'Etat qui a construit ou participé à l'élaboration de l'ensemble des structures, routes, autoroutes, rail, communications, ..., qui permet aux camions, voitures, avions de circuler, et donc aux seuls "vrais travailleurs" de "produire"... L'Etat, c'est l'hôpital, la justice, l'armée, la police, les mairies, les employés communaux... et c'est notoire que tout ça ne sert à rien...
C'est encore l'Etat qui assure et contrôle le fonctionnement de la démocratie, qui gère les relations diplomatiques, qui permet à chacun de nos concitoyens de bénéficier le cas échéant d'une protection consulaire, qui permet par exemple à des otages d'être libérés, comme hier..
Il faut quand même arriver à un moment à réaliser que sans les soi disant "improductifs", les vrais productifs ne pourraient rien produire. C'est bien pour cela que pour faire fonctionner l'Etat, donc la société dans son ensemble, il n'est pas anormal de réclamer à chacun un ticket de participation, qui est l'impôt, et ceci en proportion de ce que chacun peut faire.
Pour parler de mon cas personnel, après deux années de prépa Maths Sup, puis Spé, et avoir été admissible à NS et X, et reçu à l'Ecole Navale, j'ai choisi de servir la Royale pendant près de 30 ans.. Au cours de mes années d'activité, dans les années 90, je me souviens bien des remarques de certains de mes anciens camarades ayant opté pour le privé, s'étonnant de mon salaire, autour de 20/25000 FF alors qu'eux émargeaient à 50 voire 70 000 sans problème... Alors, maintenant que je suis retraité, avec près de 4000e nets, désolé, mais je ne suis pas prêt à entendre dire que je suis un nanti vivant sur le dos de la société. Je dois ajouter que j'ai aussi payé beaucoup d'impôts, surtout lorsque j'étais célibataire, à hauteur de deux à trois mois de salaire alors..., et non seulement je ne m'en plaignais pas, mais en était même assez fier, avec le sentiment réel de rendre un peu de ce que j'avais reçu avaient du le faire par une forme de déterminisme social.
Effectivement, à l'automne de mon existence, je suis tout particulièrement reconnaissant à mon pays pour ce qu'il m'a apporté, car c'est bien son mode de fonctionnement très redistributif qui m'a permis de poursuivre mes études et de ne pas devoir aller à l'usine, ou à la pêche, à 14 ans comme beaucoup de mes camarades bretons.
 
Dernière édition:
En retirant les fonctionnaires du nombre d'actifs qui financent les avantages de tout le monde, tu fais une sacrée erreur tout de même !
Ou tu leur fais un sacré procès, au choix. Et j'ai l'impression que tu as décidé qu'un fonctionnaire est par définition improductif, non ? Un parasite pour la société ? L'Argentine te tend les bras, Milei t'attend ! 🤣

Un fonctionnaire cotise, j'allais écrire "comme tout le monde" ce qui n'est pas tout à fait vrai (pour certaines composantes ils sont avantagés, pour d'autres pénalisés par rapport au privé).
Mais enfin, il cotise ! Et il produit ! Pourquoi les élimines-tu de ton équation ?

Je n'ai rien contre les fonctionnaires, bien au contraire.

Mais quand on parle du point de source de création de "cash" qui sert à alimenter toute la machine (Etat, avantages sociaux, etc...), le point de départ c'est bien le secteur privé.

Bien évidemment que les fonctionnaires cotisent et paient de l'impôt aussi. Mais son argent, vient des contribuables (du secteur privé).

Evidemment que l'argent du public retourne aussi en partie dans le privé (via subventions, etc), mais le point de départ de cet argent, vient des contribuables du secteur privé.
 
Evidemment que l'argent du public retourne aussi en partie dans le privé (via subventions, etc), mais le point de départ de cet argent, vient des contribuables du secteur privé.

Ce raisonnement est pour le moins fallacieux car sans les structures étatiques qui permettent au privé de travailler, en particulier via le commerce, les secteur privé ne peut pas travailler. Qui apprend aux gens à lire, écrire, et à avoir un métier ? Qui garantit l'identité des citoyens, par ses registres, et peut garantir la validité de leurs propriétés, de leurs qualifications et diplômes ? Qui permet de s'assurer que les entreprises privées respectent les lois, les règlements, les consommateurs..? Qui gère les hôpitaux ? Qui assure la cohérence, et souvent la construction des infrastructures qui sont utilisées par le privé ( communication, routes, gares, aéroports...) ? Qui garantit la valeur de la monnaie, de ce qui est déposé sur un compte, et la régularité des échanges ? .., et j'en oublie. Tout cela est autour de nous, parfois on ne s'en rend plus compte, mais ça ne fonctionne pas par magie, cela a un coût.
Il faut quand même admettre que les deux, public et privé ne sont pas à opposer, mais sont complémentaires, et ont autant besoin l'un de l'autre.
Sans le secteur public, le secteur privé ne peut pas travailler, et sans le secteur privé, le secteur public n'a aucun sens.
Mais l'argent, c'est à dire la valeur ajoutée par le travail des salariés d'une usine doit aussi beaucoup au travail effectué par le secteur public, qui de fait participe à sa génération.
 
Oui @Hortevin, en gros tu dis que la création de valeur est au privé, et rien qu'au privé.
Tu oublies que quand la fonction publique fait appel à la sous-traitance, c'est au privé qu'elle le fait.
Pour commencer modestement, prenons un petit exemple pour bien vérifier nos positions sur le question : une mairie fait construire un square. Ce sont quelques entreprises, bien sûr privées, qui s'en chargent.
Le square ne crée pas de valeur, ne fournit pas de cash, comme tu dis. Donc ces entreprises privées n'en ont pas créé, pour le coup ?
Faut-il donc distinguer plusieurs catégories de production du privé ? Celles qui créent du cash et celles qui n'en créent pas ?

Avant de te sortir d'autres cas de figures concrets, j'aimerais déjà avoir ta réponse à cette simple petite question :)
 
Encore une fois, ne me prends pas pour ce que je ne suis pas.
Je ne suis pas un ultralibéral qui prône l'absence de l'État, et je m'excuse si vous avez mal compris.

Je dis juste que pour que tout ce système puisse continuer à fonctionner, il faut arrêter de prendre le secteur privé comme une p.tain vache à lait increvable.

Moi, il y a encore quelques années, j'étais anti-gilet jaune ; je prônais le statu quo.
Parce que voilà, je suis un cadre qui fait 9 h-18 h 30, au chaud dans le bureau, relativement bien payé.
Je n'ai pas à me plaindre.

Mais au fur et à mesure que je côtoyais des gens de la classe populaire: ceux qui se lèvent à 3-4 heures du matin, bossent dans le froid, et ne voient parfois même pas leur famille la journée, mais ne sont pas payés au SMIC, donc ne bénéficient pas de grande aide.
Ils sont lessivés, ils font leurs courses désormais à l'euro près, ils ne comprennent pas pourquoi ils filent la moitié (ou un tiers) de leur fric à l'État, et ça va mal partout, dans les écoles, dans les hôpitaux, etc.

Et en même temps, tu vois des choses complètement aberrantes côté étatique: entre autres, l'État file des subventions pour réparer des fringues (lien), les fonctionnaires qui demandent à installer des WCs sur les barges d'huître (lien)… etc.
Puis le discours des politiques (et pas que) qui ont grandi dans le public, complètement déconnecté du monde réel.

C'est d'ailleurs pourquoi le phénomène de Nicolas qui paie a pris une grande ampleur.
Chaque fois qu'un truc est gratuit, bah oui, il y a des mecs qui paient derrière.

Et pour revenir sur la retraite, je trouve aussi une grande hypocrisie la classe politique qui disent que la capitalisation c'est tout pourri, mais alors qu'ils ont tous un gros contrat de retraite par capitalisation lol, et en plus, la collectivité abonde 100% de leur investissement avec l'argent du contribuable:

Bref.

Je ne remets pas en question l'existence de l'État ni les pouvoirs publics.

Je suis juste en train de dire que, comme si on était dans une copropriété, 1 résident sur 3 paie les charges.
Et on était déjà sur des montants de 1500€ tous les trimestres.

Mais comme le conseil de copro, majoritairement représenté par les 2/3, dit : "mais attends, ce sera cool de construire une piscine gratuite?" ""Et si on subventionne les réparations de vélo dans la résidence?""… "Attention là, tu as vu Jean-Pierre au 5B, lui, il a un gros patrimoine, ce sera juste de le faire payer beaucoup plus cher pour la justice fiscale dans la copro."
En attendant, la résidence est dans un état piteux avec des ascenseurs qui ne fonctionnent plus.

Et un jour, ce pacte de solidarité va exploser.
 
Oui @Hortevin, en gros tu dis que la création de valeur est au privé, et rien qu'au privé.
Tu oublies que quand la fonction publique fait appel à la sous-traitance, c'est au privé qu'elle le fait.
Pour commencer modestement, prenons un petit exemple pour bien vérifier nos positions sur le question : une mairie fait construire un square. Ce sont quelques entreprises, bien sûr privées, qui s'en chargent.
Le square ne crée pas de valeur, ne fournit pas de cash, comme tu dis. Donc ces entreprises privées n'en ont pas créé, pour le coup ?
Faut-il donc distinguer plusieurs catégories de production du privé ? Celles qui créent du cash et celles qui n'en créent pas ?

Avant de te sortir d'autres cas de figures concrets, j'aimerais déjà avoir ta réponse à cette simple petite question :)

Je pense encore une fois que je n'ai pas été compris.
Et je ne parle pas de création de valeur qui est très abstraite pour moi (désolé, je suis pas bien assez ranké pour aborder cette notion lol).

Si tu es sur une île isolée avec 600 habitants, dont une mairie de 60 personnes.
La seule source de revenus de mairie provient des impôts (blé, poisson, monnaie d'argent, etc.).
Cette mairie utilise cette source de revenus pour payer ses 60 employés, mais la redistribue également auprès de ses 600 citoyens.

Sur cette île, seuls 220 habitants (actifs occupés du privé) sont en mesure de payer les impôts, car ils exercent une activité comme l'agriculture, la pêche, le commerce ou l'artisanat.

Bien que l'argent ou les biens "tournent" de main en main sur l'île, y compris de la mairie vers les actifs occupés (comme la construction d'un square via un contrat juteux), tu vois bien que, par malheur, si les 220 actifs occupés du privé s'en vont de l'île, ou s'ils meurent collectivement.
Dans quelques mois, la mairie n'aura plus rien pour payer ses employés ni pour financer quoi que ce soit.

Je dis juste que le premier robinet provient de ces 220 personnes, qu'il ne faut pas l'oublier quand on tire la corde.
Et bien sûr, ils n'auraient pas pu mener correctement leur activité si la mairie n'avait pas organisé la construction du port et des systèmes d'irrigation.

Mais je pense juste qu'aujourd'hui, en France, les gens du monde public se sentent tout-puissants et pensent que les 220 actifs leur doivent plein de choses et qu'ils sont corvéables à leur merci (et je le ressens d'ailleurs dans cet échange).

Après, le phénomène n'est pas nouveau: dans les hôpitaux, les médecins découvrent avec horreur qu'ils ont embauché des admins pour les aider dans leur tâche (comme la paperasse), et, au bout du compte, les admins ont pris le pouvoir, et maintenant, les médecins doivent faire la paperasse. 😄

Il y a un mot en anglais très intéressant pour désigner un fonctionnaire : "Civil servant".
 
Je comprends un peu mieux, mais j'essaie toujours de comprendre, sur ton île ou ailleurs, comment tu classes les travailleurs du privé qui on construit le square "pour la mairie" (en réalité, pour les enfants de l'île).
Productifs ou improductifs ?

Ceci dit je perçois dans tes diverses réponses un certain mélange entre les grands principes et ce qu'on en fait.
En fait tu ne critiques pas les grands principes (nécessité d'une puissance publique, de services publics etc .) mais tu critiques leur mauvaise gestion et tous les abus qu'on peut faire.
Et j'ai l'impression qu'en critiquant tout ce qui ne va pas, tu rejette en bloc tout ce qui va (donc tu élimines TOUS les fonctionnaires dans ton équation, par exemple).
 
En vérité, je n'ai entendu aucun "mécontentement" à l'égard des travailleurs publics dans les discours de @Hortevin et je suis d'accord avec ce que écrit @Timeo Danaos.
Comme @Timeo Danaos, je sais bien ce que signifie "porter" un uniforme pour servir l'État et, donc, ses compatriotes, les sacrifices, les mois passés loin de chez soi pour faire, souvent, des choses que nous ne pouvons même pas révéler, puis se faire traiter de parasite mais l'honneur, la fierté et la cohérence me/nous permettent d'ignorer certains discours qui, en vérité, viennent de peu de personnes.
Chacun voit les choses selon sa propre expérience et, si nous faisons un peu attention, nous pouvons voir que chacun apporte une part de vérité.
 
De toutes les façons, on a besoin de services publics pour que la société fonctionne correctement.
Il n'y a qu'à voir en Angleterre où ils avaient refilé le transport ferroviaire au privé, c'est une catastrophe et ils reviennent doucement en arrière.
Je pense qu'il ne faut donc pas opposer le privé et les fonctionnaires : tout le monde est productif, mais dans son périmètre.
Par exemple, la DDE n'est pas productive directement, mais indirectement en gardant les routes en état, ce qui permet aux "productifs" de pouvoir faire leur boulot (même si maintenant, avec les nouveaux modes de gestion, ça se dégrade).
Par contre, il faudrait effectivement que les crânes d’œufs qui sont à la tête des administrations retrouvent un peu de bon sens et se rappellent qu'ils sont au service de la collectivité, et non pas l'inverse.
 
Je comprends un peu mieux, mais j'essaie toujours de comprendre, sur ton île ou ailleurs, comment tu classes les travailleurs du privé qui on construit le square "pour la mairie" (en réalité, pour les enfants de l'île).
Productifs ou improductifs ?
Tout le monde est productif du moment où, à partir de ton travail, tu as créé des échanges (flux financiers, matériels et services).

Et j'ai l'impression qu'en critiquant tout ce qui ne va pas, tu rejette en bloc tout ce qui va (donc tu élimines TOUS les fonctionnaires dans ton équation, par exemple).
Je ne rejette rien du tout.
Cela fait évidemment un peu mal à l'ego des personnes du secteur public dans un pays très étatiste, mais je dis simplement que le carburant "frais / première pression / première main" du secteur public (et des services associés) provient des contribuables actifs du secteur privé.

Et évidemment, je sais que ce carburant paie les employés du secteur public ou est redistribué aux retraités et aux personnes précaires, va aussi alimenter le privé (ils font des courses comme tout le monde) et l'État (via les impôts, la TVA, etc.).

Mais il faut bien savoir d'où provient le carburant…
Et j'éliminais TOUS les fonctionnaires de mon équation de "carburant première pression", parce que non, l'État n'est pas censé imprimer ses billets ; il utilise bien l'argent des contribuables pour payer les fonctionnaires et les prestations sociales.

J'alerte juste sur le fait qu'on va faire dérailler la machine qui produit ce "carburant de première pression"…

Depuis qq mois, la machine étatique envoie tous les signaux pour dire "nous allons presser le jus de citron des actifs privés jusqu'à la dernière goutte, pour maintenir le train de vie des autres, parce que c'est grâce à eux qu'on va garder notre place."

Quelques anecdotes en aparté:

Il y a un mois, je discutais en vacances avec un professeur d'IUT, syndiqué par ailleurs.
On disait que les finances du système de retraite partent un peu en sucette.
Donc je lui disais que, de toute façon, la France a le coût employeur le plus élevé parmi les pays européens, avec un ratio de 1,8X, on ne peut pas augmenter plus les cotisations. Et là il me dit: "Oui, mais tous les autres pays devraient s'aligner sur le 1,8X français!"
(j'ai rien dit sur le moment mais après coup je me dis quand même que je ne suis pas sûr que les autres pays voudraient s'aligner sur un truc qui marche moyen...)

En fait, ça en dit long sur la mentalité des personnes qui ont servi dans le public toute leur vie, une certaine idée de « vache de lait increvable ».
Et en même temps, quand tu gères l'argent des autres, c'est facile de tomber dans ce piège… « L'autre a certainement encore un peu d'argent dans sa poche. »
Et j'ai un collègue diplômé de Sciences Po Paris, d'un certain âge, qui a tous ses copains (hauts placés) au sein des ministères.
Il me dit la même chose : lors de ses dîners avec ses copains, il leur dit à la fin: "Mais vous êtes complètement déconnectés de la vie des gens du monde privé."
 
Un autre chiffre encore: seulement 45% des foyers sont redevables de l'impôt sur le revenu.
Trois quarts de l'impôt sur le revenu est payé par 10% des foyers les plus aisés.
L'impôt sur le revenu c'est seulement 25% des recettes fiscales.
La TVA, par exemple, tout le monde la paie.

En fait, ça en dit long sur la mentalité des personnes qui ont servi dans le public toute leur vie, une certaine idée de « vache de lait increvable ».
Et en même temps, quand tu gères l'argent des autres, c'est facile de tomber dans ce piège… « L'autre a certainement encore un peu d'argent dans sa poche. »
Et j'ai un collègue diplômé de Sciences Po Paris, d'un certain âge, qui a tous ses copains (hauts placés) au sein des ministères.
Il me dit la même chose : lors de ses dîners avec ses copains, il leur dit à la fin: "Mais vous êtes complètement déconnectés de la vie des gens du monde privé."
Le secteur public peut entendre cette remarque. J'en fait partie, mais je ne me retrouve pas (ni mes collègues) dans la description que tu fais.
Va dans un collège, un hôpital ou une prison et tu constateras par toi-même que le secteur public ne vit pas dans le luxe, et les salaires sont loin de ceux du secteur privé. Contrairement à une école privée, une clinique privée, etc.

À mon tour, je vais faire une remarque, mais je n'embarquerai pas tout le secteur privé dans un amalgame douteux :

Certains ne comprennent pas la raison d'être du secteur public, ils ne raisonnent qu'en €€€ (c'est à peu près la seule chose dont tu parles).
La mission du secteur public, ce n'est pas de générer du fric, c'est d'avoir une utilité sociale, de rendre service à la communauté en répondant à une mission définie démocratiquement par des élus.
C'est très éloigné de certains boulots dans le privé où le seul mot d'ordre est de faire du fric, quitte à dégrader la santé, l'environnement, etc.
 
En faite je ne sais pas pourquoi, en disant quelque chose qui est très simple et factuelle, "le secteur public et les prestations sociales sont financés par les contribuables du privé" aboutit à une discussion aussi poussive.
(tout le monde paie la TVA. MAIS cet argent il vient d'où ?)

Et surtout on commence à m'attribuer à des choses que je n'ai pas dit: "je rejette l'Etat", "les fonctionnaires vivent dans le luxe", "le public ne sert à rien"...etc etc.

Je m'excuse si certains d'entre vous le comprennent comme ça.

J'ai une grande admiration pour les fonctionnaires sur le terrain, dans les écoles, dans les hôpitaux, dans les forces de l'ordre et des armées... Ils font avec ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont, pour aider la population.
Certains vivent dans des casernes ou des internats dans des conditions pitoyables. Mais la camaraderie et l'engagement pour aider l'autrui les aide à tenir.
Les taux de suicide sont anormalement élevés par ailleurs dans certains corps.

Et justement c'est en voyant que tout ça s'effrite qu'on est énervé. Les gens se disent: "mais il est parti où l'argent ?"

Entre les politiques qui refusent d'admettre qu'il y a un problème explosif au niveau de la retraite (qui pompe 30% du budget des ministères), et les élus/ décideurs d'administration qui sont en roue libre (et font n'importe quoi avec le budget qu'on leur confie), les citoyens ne comprennent plus.

C'est pour ça que les prochaines élections ça va finir très sale. Et on ira droit dans le mur parce que collectivement on ne sait plus regarder la réalité et les chiffres en face.
 
Tout le monde est productif du moment où, à partir de ton travail, tu as créé des échanges (flux financiers, matériels et services).
Parfait ! Nous sommes donc d'accord sur ce point, et je ne comprends toujours pas pourquoi tu as éliminé tous les fonctionnaires de ton équation sous prétexte que ce qu'ils produisent n'est pas un "carburant première pression" (je résume ton explication qui est bien sûr plus détaillée).

Ceci dit, comme pour le sujet "retraite par répartition = pyramide de Ponzi", mes interpellations sont avant tout d'ordre technique.
Donc de même que je ne portais pas de jugement de valeur sur le bien-fondé d'un système de retraite ou d'un autre, mais juste sur le fait que Ponzi c'est tout autre chose, je ne défends pas non plus le fait que notre pays a un taux de prélèvement énorme pour des résultats somme toute assez médiocres.
Je conteste juste le fait d'avoir enlevé les fonctionnaires du système productif dans ton calcul, parce-que factuellement ça ne marche pas vraiment comme ça ;)
 
En faite je ne sais pas pourquoi, en disant quelque chose qui est très simple et factuelle, "le secteur public et les prestations sociales sont financés par les contribuables du privé" aboutit à une discussion aussi poussive.
(tout le monde paie la TVA. MAIS cet argent il vient d'où ?)
Si demain on privatise l'éducation, les gens paieront moins d'impôt mais ils paieront pour l'école des enfants.
Donc l'école deviendra un secteur qui contribue et qui dégage de la richesse ? Ça change quoi ?

Et surtout on commence à m'attribuer à des choses que je n'ai pas dit: "je rejette l'Etat", "les fonctionnaires vivent dans le luxe"

Et justement c'est en voyant que tout ça s'effrite qu'on est énervé. Les gens se disent: "mais il est parti où l'argent ?"
Si les fonctionnaires ne vivent pas dans le luxe, c'est que l'argent n'est pas en excès dans les services de l'état.
Personnellement, j'ai une petite idée de "où est passé l'argent". Il y a des endroits où il y a tellement d'argent qu'ils ne savent plus quoi en faire, mais ce n'est pas dans le service public.

Le dernier que j'ai vu, c'était l'orthodontiste de mes enfants. C'est une entreprise, les comptes sont consultables. 1.000.000 € (1 million) de CA, 250.000 € de dividendes (à ajouter au salaire). Les assistantes sont vraisemblablement payées au SMIC, et mon petit doigt me dit que l'orthodontiste se plaint du taux d'imposition.
 
Un peu de remise à plat...

C'est bien normal de contribuer, pour ceux qui sont en position de le faire.
La question n'est pas d'opposer la génération de PIB du privé ou du public, c'est d'en générer plus, de n'en ponctionner pas plus et d'employer le produit à bon escient...

Tous les pays développés ont la même problématique d'un accroissement indécent de la richesse financière, par rapport à l'enrichissement du travail et de l'incapacité à faire contribuer proportionnellement cette augmentation de richesse.

Malheureusement, un pays tout seul ne peut changer les règles, déjà l'UE a œuvré pour la mise en place d'une "taxe GAFAM", afin de faire contribuer ces entreprises de l'immatériel dans les pays où se génère leur activité et plus uniquement dans les paradis fiscaux (y compris européens) où ils choisissent de domicilier leurs profits (voir Amazon et le Luxembourg pour être bien écœuré), mais ça déplaît fortement outre-Atlantique, où se massent presque exclusivement les bénéficiaires...

Depuis la crise de 2008, on a l'impression de stagner, voire même d'une dégradation du "reste à vivre", au vu de l'augmentation des dépenses contraintes supérieure à l'augmentation des revenus.
Mais il faut se poser la question de pourquoi et comment nous avons les taux de prélèvement les plus élevés, l'accroissement de dette le plus spectaculaire, avec toujours moins de résultats quant à la présence ou qualité de nos services publics, ou la dégradation progressive de tout notre système de protection sociale et redistribution. Taxer plus pour dépenser plus, c'est ce qu'on fait depuis des années, avec l'insuccès que l'on constate...
Il est clair que la contrainte démographique de baisse de la natalité et vieillissement de la population pèse et va continuer de peser lourdement sur l'équation. Ça n'est pas de le nier, depuis Michel Rocard dans les années 90, qui change le résultat. Et dire, comme le fait notre AN actuelle, à ceux qui contribuent déjà que la solution, ça va être de les faire contribuer indéfiniment plus et autant que nécessaire, sans autre changement à l'équation, ça ne pourra pas fonctionner...
Retraité plutôt favorisé, je n'avais pas de problème à une "année blanche", si ça devait permettre de passer le cap. J'en ai un peu plus avec le concept de sous-indexation continue, car ça a déjà été le cas et l'effet cumulé est violent, au bout de 10 ou 15 ans, surtout qu'on sait qu'il n'y a jamais plus de "mieux" à la retraite et même qu'une indexation ne rend pas toujours compte de l'évolution réelle des dépenses contraintes (mutuelle santé, restes à charge santé, énergies, assurances, impôts et taxes par exemple).
 
En faite je ne sais pas pourquoi, en disant quelque chose qui est très simple et factuelle, "le secteur public et les prestations sociales sont financés par les contribuables du privé" aboutit à une discussion aussi poussive.
(tout le monde paie la TVA. MAIS cet argent il vient d'où ?)

Pour ma part, je vois les choses de manière plus globale..., et il n'y a pas de "première pression", l'argent, il tourne, depuis la nuit des temps. Il n'y a pas un secteur qui crée de la richesse, et un autre qui en vit.
Par analogie, dans une entreprise privée, tous ses employés, du patron au plus humble des salariés, celui qui balaye la cour par exemple, appartiennent au secteur privé... Mais qui permet de gagner de l'argent, tous, ou seulement ceux qui conçoivent, fabriquent, qui vendent ? La balayeur, le cuisinier de la cantine, la division administrative, juridique, la section des RH, la section relation publiques, tous ceux là sont payés par les recettes de l'entreprise, qui vend ses produits... Mais ils ne vivent pas pour autant sur le dos des seuls qui conçoivent, fabriquent et vendent, puisqu'ils participent tous à la prospérité de l'entreprise. Pourtant, parfois effectivement, ces derniers peuvent penser être les seuls à être productifs, et que les autres ne servent pas à grand chose. Donc l'argent vient bien de la vente de ce qu'ils conçoivent, fabriquent et vendent, mais sans les autres, ils ne pourraient ni concevoir, ni fabriquer, ni vendre, donc, cet argent vient bien du travail de TOUS, et pas seulement de quelques uns.
A l'échelle du pays c'est un peu pareil, le secteur public participe à la création et à l'entretien d'un environnement (infrastructures, éducation, santé, justice, sécurité ...) qui permet au secteur privé de vivre, de créer des entreprises, de les faire prospérer.
Enfin, l'Etat ne fait pas que participer par des subventions, lorsqu'il achète un porte-avions, des Rafale, des frégates pour plusieurs dizaines de milliards, il fait aussi vivre des pans entiers du secteur privé, pareil pour les éoliennes, les centrales nucléaires, les chemins de fer, maême si pas mal de ces entités sont en partie privatisées, elles ont besoin de l'argent public, en énormes quantités, introuvables si on n'attend que des clients ou investisseurs privés. Ensuite, ces pans du secteur privé, comme Naval Group, MBDA, NKDS, Dassault, Airbus, Safran, Alstom, ..., deviennent attractifs à l'export et finissent pas créer de l'argent aussi.
 
Dernière édition:
@Timeo Danaos tu formules exactement ce que je sous-entendais à la fin de mon dernier message (et aussi dans ceux d'avant), et une vraie explication c'est beaucoup mieux qu'un mauvais sous-entendu !
C'est clair, sobre et limpide, bravo et merci :)
 
@Hortevin
Ce qui me dérange dans tes écrits, c'est que cela est parfaitement compatible avec l'idéologie néolibérale qui fantasme sur la privatisation de tout service étatique.

Les dépenses de fonctionnement de l'état sont relativement stable et une part importante du budget est de la redistribution, dont les retraites.
Les recettes, elles, se réduisent régulièrement avec les politiques néolibérales. Les exonération diverses s’élèvent à 211 Milliards selon une commission parlementaire, près de 280 selon des journalistes. Sans compter ni l’évasion fiscale estimée à 80milliards ni les cadeaux fiscaux au foyers très aisées mis en lumière lors des débats sur la taxe Zucman.
Résultat, on attends toujours le million d'emplois de Mr Gataz, les inégalités explosent, les PME disparaissent et les grosses n'ont jamais autant distribuées de dividendes...
En outre, les tours de passe-passe administratifs pour transférer des budgets selon les mêmes préceptes me font penser que le problème est avant tout politique. Le néolibéralisme c'est mettre l'état au service des (très) grande entreprises, transférer de l'argent public vers ces groupes au détriment de l’intérêt général. Les exemples ne manquent pas.

Le principe de départ étais pourtant le suivant, chacun cotise selon ses moyens et utilise les services public selon ses besoins. Bref un peu trop socialiste/solidaire pour notre époque.

Maintenant, a plus long terme, le problème reste entier tant que notre modèle économique, qui n'est pas viable à terme, perdure.

Finalement, la véritable pyramide de Ponzi ne serais-t-elle pas finalement celle des limites planétaires: ressources, pollution... face à une économie qui ne comprend que la croissance infinie dans un monde fini ? dont cette même croissance est basée sur l'exploitation de la nature ?
 
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