D'après Olivier Véran le 3 mars :
« En 2011 il a été déterminé que la France n’avait pas à faire de stock d’État des fameux masques FFP2. Il n’y a donc pas de stock d’État (...). »
Face à la pénurie, le gouvernement a commandé en urgence fin février, 200 millions de masques dits FFP2, indispensables pour protéger les personnels soignants des hôpitaux ou des cabinets médicaux.
En 2011, Xavier Bertrand est ministre de la Santé. Il succède à Roselyne Bachelot qui vient de gérer l’épidémie de grippe H1N1, dite grippe A. La réponse de l’État en la matière s’est révélée surdimensionnée
a posteriori, notamment en ce qui concerne l’acquisition de vaccins. Un rapport de la Cour des comptes
épingle un gaspillage : sur les 94 millions de doses de vaccins commandées initialement, seulement six millions ont été utilisées. A l’époque, le directeur du Centre national de référence des virus de la grippe,
reconnait que l’
« on en a fait beaucoup plus que ce qui était nécessaire » contre la grippe A.
« Tout ceci est lié au fait que, finalement, au cours de cette pandémie nous n’avons fait qu’accumuler d’excellentes nouvelles : il ne fallait qu’une seule dose pour le vaccin et le virus n’était pas aussi dangereux qu’on l’avait cru… » C’est dans ce contexte qu’aurait été prise la décision de ne pas renouveler les stocks « stratégiques » de masques FFP2 arrivant à expiration.
« Ce qui n’avait pas été anticipé peut-être en 2011 c’est que parfois les crises sanitaires peuvent engendrer des crises industrielles », explique le nouveau ministre à l’Assemblée nationale le 3 mars. Le ralentissement de l’industrie chinoise liée à la pandémie impacte directement la fabrication. Dans le même temps, seules quatre entreprises fabriquent ces masques en France. Fin février, l’une d’elles, Kolmi-Hopen, PME d’une centaine de salariés,
annonce fabriquer un million de masques par jour et avoir embauché 26 personnes pour répondre à la demande. C’est aussi une PME dans la Loire, Valmy, qui a recruté en urgence 50 personnes, passant de 20 à 70 salariés.
« Nous [leur] avons passé les commandes publiques les plus massives qui soient », a précisé Olivier Véran.
« Nous avons demandé à ces entreprises de fonctionner jour et nuit, H24, sept jours sur sept, de manière à fournir le maximum de masques possibles. » Problème : ces mêmes entreprises, du fait du retard à l’allumage des autorités françaises, étaient occupées début mars à la fabrication de masques pour d’autres pays. C’est le cas de l’entreprise Valmy qui avait reçu une commande du NHS (National Health Service) britannique avant les autorités françaises [
7] ! Ou de la société VSP Med Mask, basée à Marseille, qui expliquait fin février recevoir des appels de toutes parts,
« y compris et surtout des gouvernements des régions chinoises qui font appel à des intermédiaires pour faire face à leur problématiques ». Face à cette situation, le Premier ministre a ordonné la
réquisition le 3 mars par décret de l’ensemble des stocks et productions de masques sur le territoire national. D’autres sites industriels envisagent de se convertir à la production de masques.