Mon ressenti c'est que peu de gens ont joué au jeu depuis le déconfinement.
Eh voilà maintenant on a tous perdu.
Côté gens normaux : Je discutais hier avec une aide soignante qui travaille en cellule COVID en hôpital île de France, elle me disait que depuis le déconfinement, les familles n'ont pas du tout respecté les protocoles sanitaires : au lieu de visiter juste 30 minutes avec 1 seule personne, on se retrouve à 10 personnes de famille dans la chambre durant 4 heures. Mais les médecins ne disent rien et laissent les infirmières/aides soignantes faire la police.
Idem, une fois les applaudissements passés, elle me dit que le personnel médical se fait insulter encore plus fort aux urgences. Elle était au final très contente de la période du confinement où elle n'avait pas à gérer les familles.
Côté entreprise : ils ont rarement entendu l'appel de revenir au télétravail, le présentiel est devenu presque obligatoire au mois d'octobre dans la plupart des entreprises.
Pour le terrorisme, à part être prudent et sur ses gardes (?) on ne pourra pas faire grand chose.
Malheureusement c'est ce type de discours qui va nous mener à une gouvernance d'extrême droite pour 12 ans (et oui elle a prévu de faire 5 + 7 ans)...
J'ai senti quand même que l'affaire Samuel Paty c'est un "turning point" dans l'opinion publique.
Même les gens autour de moi, qui ont une opinion de gauche, basculent. La sorte de "tout relativiser" ou du déni c'est terminé.
Autant les attentats d'avant c'est des actes de guerre organisés par des cellules terroristes.
Là on parle d'un prof qui se fait décapiter par un jeune, parce qu'il a montré un dessin aux élèves, suite à l'appel d'un parent d'élève et des associations.
Moi en tout cas je ne l'avais pas perçu comme une acte terroriste, mais comme un acte de violence de la communauté des extrémistes islamistes ou islamistes radicaux, et une communauté qui donne l'impression de se répandre.
Je n'étais pas sensible à ce sujet jusqu'à peu. A cause de mon retour dans la ville Goussainville (95) où j'ai grandi.
J'arrivais en France en 1997 à l'âge de 10 ans. On s'installait à Goussainville, c'était une ville de banlieue classique, avec une mixité ethnique et sociale "normale". En langage plus cru, la population blanche (souvent des ouvriers qualifiés) habite dans le quartier des maisons, et les autres habitent dans les quartiers plutôt des appartements.
Déjà à l'époque, les parents de mes potes se plaignaient que les femmes noires s'habillaient comme en Afrique, "vous les Chinois ça va, vous vous habillez comme nous et vous vous intégrez quoi"
(Bon, en même temps, je suis de Hong Kong, donc très occidentalisé, je m'habille forcément comme un occidental. LOL)
Et puis on a le début des problèmes d'insécurité, et je commence à voir des parents de mes potes se barrer de la ville.
En 2020, je reviens à la ville. Là déjà les "blancs" ont disparu complètement de la ville.
Je vais au restaurant le plus chic de la ville (genre déco "Grillade ferme branchée"). Mon père a demandé une bière, la serveuse l'a regardé avec de grands yeux, ensuite tu demandes une entrecôte sur la carte, il n'y en a pas. Juste agneau ou poulet. Avec du cumin, forcément.
Puis j'apprends que le maire de la ville est en fait un fichier S radicalisé...
Le problème c'est que tout ça, la bourgeoisie du Paris ne le voit pas.
J'ai "la chance" d'être entre les deux.
Et je vois la colère de cette classe ouvrière "blanche" monter au fur et à mesure face à ces phénomènes, où ils disent "je ne suis plus chez moi", et être frustrée par la réponse des élites qui dit : "tout se passe très bien. vous êtes justes des fachos."
Et en même temps, objectivement, on ne peut pas parler de "grand remplacement".
Pour moi, c'est d'une part la gentrification (les quartiers comme Boulogne Billancourt qui s'embourgeoisent) qui pousse les populations défavorisées à partir, ils déménagent en banlieue, et résultat, les blancs se cassent. La mixité dans une ville est brisée, les communautés se regroupent, et forcément les gens vont moins changer pour s'adapter. (Alors que si tu prends un islamiste radicalisé, tu le mets à Paris 16, ne t'inquiètes pas il va faire comme tout le monde)
Après il n'y a pas que la religion, tu vas à Paris 13, les chinois là bas vivent quasiment comme en Chine, mais ça ne choque personne.
(Car ils ont tenue normale?)
Aujourd'hui je vis dans une ville "mixte" des Yvelines, et je vois tout ça recommencer.
Les gens commencent à se plaindre des problèmes d'incivilité des nouveaux arrivants (jet de détritus par le balcon, des pancartes "jetez vos déchets dans la poubelle"...), on voit des jeunes femmes parlant parfaitement français sans accent mais voilées, de plus en plus, et là aussi j'observe que mon entourage dans le voisinage commence à vouloir déménager de la ville, car la situation se dégrade.
Bon, j'espère qu'en disant tout ça, je vais pas me faire décapiter.
