La crise énergétique commence

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion kamelie1706
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Analyse intéressante.

Comme toujours, ceux qui ont pris des engagements pour le pays refilent la patate chaude aux suivants concernant la mise en place.
Dès que l'on entre dans le détail, il y a de grands trous dans la raquette.

Je suis assez d'accord qu'il faut arrêter de se mettre la tête dans le sable pour la prochaine vingtaine d'année, le nucléaire reste la moins pire des solutions.

Il faut regarder du côté de la Belgique comment ils vont s'en sortir sans leur nucléaire, ça donnera une bonne idée de ce qui est faisable ou pas.
 
Le problème sera de savoir comment on passe les 15 ans à venir, le temps d'avoir du nouveau nucléaire opérationnel. Et l'autre problème est de savoir comment on fera vu qu'on n'arrivera pas à reconstruire assez vite au fur et à mesure que le parc actuel est arrêté...
 
La prolongation d'exploitation des réacteurs opérationnels semble être la meilleure solution pour nous donner un peu d'air. A moins que les prototypes d'énergie libre que l'on voit fleurir sur YouTube arrivent à maturité d'ici là...
 
Fermer Fessenheim: quelle bonne idée ! Franchement, j'ai du mal à voir ce qu'il aurait pu mal se passer !
Mais c'est vrai que comme c'était la plus "vieille" de nos centrales, il fallait nécessairement la fermer, rien que pour faire plaisir aux alliés politiques écolos du moment... Quel argument bidon.
 
Les réacteurs actuels ne suffisent déjà plus, chaque hiver on est de plus en plus limite. Leur dispo ira probablement en décroissant sur les deux décennies à venir ; en tout cas la tendance jusqu'à présent penche dans cette direction. L'ASN le dit, il ne faut pas trop compter sur le fait qu'ils tourneront tous comme des horloges pendant 20+ ans ; ce n'est juste pas réaliste. Or on compte augmenter la conso pour décarboner - électrification du chauffage (PAC) et des transports.

Pour l'énergie libre, je ne vois pas de quoi tu parles ?
 
Ca n'est pas la panacée en effet, mais ça serait déjà ça.
Je me demande si un petit black out cet hiver ne nous permettrait pas ENFIN de discuter des problèmes énergétiques qui nous attendent; surtout à quelques semaines des élections. Mais j'ai peur que cela tourne au ridicule... J'ai entendu quelques minutes avant hier sur Inter notre ami Yannick (fidèle à lui même) : voici le lien pour ceux qui ont du temps à perdre: https://www.franceinter.fr/emission...candidat-face-au-7-9-du-mardi-25-janvier-2022
Concernant les énergies libres c'était de l'humour complotiste :
 
Si on a un blackout, ils vont tous taper sur EDF en mode "avec tout l'argent qu'on vous donne vous êtes infoutus de faire du courant" et ça va s'arrêter là. Je vois mal les politiciens partir dans une longue phase d'introspection pour arriver à la conclusion "mea maxima culpa".

Pour l'énergie libre tu m'as fait peur :mrgreen:
 
Je ne suis pas d’accord avec ses idées politiques mais Accoyer a une analyse très lucide de ce qui s’est passé sur l’électricité en France depuis 2000 et pourquoi on est dans une merde noire maintenant :


Tout y est, marché ubuesque de l’électricité, suppression politique de 12 GW de capacité pilotable, ajout de 31 GW non pilotables qui en ce moment ne servent à rien…

Lui conclut qu’il est urgent de lancer un programme de construction nucléaire. Mais au point où on en est, les deux décennies qu’il faut pour que ce soit opérationnel, on fait comment ? On ajoute encore des moulins à vent partout même s’ils ne produisent pas quand on en a besoin ? On fait des centrales au gaz, en pleine crise climatique et du prix du gaz ? (ah, et actuellement la loi interdit de faire des centrales au gaz).

L’argument du « on aurait du faire plus de renouvelable » est balayé dans l’article : quand ça produit 0 comme en ce moment, même si t’avais le triple de capacité, tu aurais une production de trois fois rien. Sans stockage le renouvelable permet juste de faire moins tourner le reste de temps de temps, mais « le reste » doit exister, et c’est ce qui nous manque.

En réalité on n’aurait pas du supprimer de centrale pilotable sans la remplacer par du pilotable (par ex. charbon remplacé par du gaz) et on n’aurait pas du supprimer de pilotable bas carbone (i.e. Fessenheim) tant qu’on n’avait rien d’autre à la place. La politique énergétique depuis 2000 relève de la médecine psychiatrique…

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Le truc qui tue : "l'ENTSOE (groupement des régulateurs européens) considère désormais la France comme le pays européen le plus mal placé pour l'équilibre de son réseau durant l'hiver 2021-2022". Distinction qu'elle partage ex-aequo avec Malte, îlot minuscule qui ne peut pas compter sur ses voisins pour importer en cas de besoin. En d'autres termes dès cet hiver on pourrait connaître des coupures, et chaque année la situation se dégrade.
Bernard Accoyer peut faire le bilan depuis les années 2000, sachant qu'il était député, président groupe UMP, mais aussi président de l'Assemblée Nationale, c'est bizarre qu'il n'ait jamais soulevé ce problème "électrique" à ce moment-là.
Il peut sans prendre aux différents organismes.

RTE a été créée alors qu'il était à l'Assemblée NAtionale.
En tant que Président de l'AN c'est lui qui a nommé certains membres de la CRE, donc si ces mêmes gens n'ont pas pu prévoir les problèmes électriques à venir, sans doute que ceux qui occupaient ces places n'avaient pas les compétences.
 
Il y a quasiment 600 députés qui votent les lois, il ne faut pas croire que chacun d'entre eux décide...
 
Le problème sera de savoir comment on passe les 15 ans à venir, le temps d'avoir du nouveau nucléaire opérationnel.
Le problème majeur est la fourniture instantanée de la puissance demandée. La question de la fourniture de la quantité d'énergie demandée est secondaire.

Si on ne peut pas agir sur l'offre, il y a une manière assez simple et rapide à mettre en place pour écrêter la demande : le délestage ciblé de certains équipements (chauffe-eau, usines très gourmandes, chauffage, électroménager, recharge voitures, etc.). C'est ce qui est proposé, en parallèle des systèmes de stockage (V2G par exemple), par les agences type ADEME et négawatt dans leur scénarios "durs".

Ce délestage peut être incitatif par l'intermédiaire de prix modulés en fonction de la demande. Ça peut être plus sévère s'il y a manque d'anticipation. La hausse des prix est aussi un élément qui va freiner la consommation.

Quoiqu'il en soit, c'est la fin de la récré (qui a bien duré 70 ans en Europe). Il va falloir faire attention quand on appuie sur l'interrupteur, ou quand on met du pétrole dans la voiture. Tant mieux. On s'en sortira, c'est pas la fin du monde.
 
Tout dépend de ce que tu appelles la fin du monde. Augmenter le prix de l'essence de 10 cts c'était pas la fin du monde a fait des morts dans des émeutes. Et pourtant ils sont revenus sur la mesure immédiatement.

Un effondrement du réseau électrique sera un choc la première fois, et va donner lieu à toutes sortes de joyeusetés les fois suivantes quand la nouveauté sera passée. Je ne parle pas de délestage géré, je parle de ce qui se passe quand ils n'arrivent plus à maintenir la fréquence à 50 Hz. Oublie le V2G, P2G et tous les autres acronymes du futurs ; là je parle de cet hiver et le prochain.

Pour l'instant ça semble de la science fiction, et on suppose que "ils" vont se débrouiller d'une façon ou d'une autre parce qu'ils l'ont toujours fait. Mais je sais que le 25 à 8h45, RTE était à deux doigts de déclencher des délestages (gérés dans un premier temps). Le drame, c'est que c'était pour une puissance appelée de seulement 85 GW ; on importait au max (6 GW), on faisait tourner tout ce qu'on avait, et c'est passé tout juste. La même chose par grand froid, avec un pic de conso de 100+ GW comme on a connu, et ça n'aurait plus rien eu de géré.

"Tant mieux ?" Sur un plan intellectuel, peut-être. Sur un plan concret et pratique, non, pas du tout. Mais surtout je n'imaginais pas que je revivrais ce que j'ai connu dans mon enfance de l'autre côté du rideau de fer, par manque de moyens, dans un pays riche, par manque de compétences de gestion.

La décroissance gérée peut être une belle idée. La décroissance subie, c'est l'enfer.
 
Tout dépend de ce que tu appelles la fin du monde. Augmenter le prix de l'essence de 10 cts c'était pas la fin du monde a fait des morts dans des émeutes. Et pourtant ils sont revenus sur la mesure immédiatement.
Exact, je suis inquiet de la montée des colères et de tout les risques qui vont avec. Mais ce (ne) sont (que) des colères de gens qui sont gênés dans leur confort (aller où je veux quand je veux seul dans ma voiture et pour pas cher).

Un effondrement du réseau électrique sera un choc la première fois, et va donner lieu à toutes sortes de joyeusetés les fois suivantes quand la nouveauté sera passée. Je ne parle pas de délestage géré, je parle de ce qui se passe quand ils n'arrivent plus à maintenir la fréquence à 50 Hz. Oublie le V2G, P2G et tous les autres acronymes du futurs ; là je parle de cet hiver et le prochain.

Pour l'instant ça semble de la science fiction, et on suppose que "ils" vont se débrouiller d'une façon ou d'une autre parce qu'ils l'ont toujours fait. Mais je sais que le 25 à 8h45, RTE était à deux doigts de déclencher des délestages (gérés dans un premier temps). Le drame, c'est que c'était pour une puissance appelée de seulement 85 GW ; on importait au max (6 GW), on faisait tourner tout ce qu'on avait, et c'est passé tout juste. La même chose par grand froid, avec un pic de conso de 100+ GW comme on a connu, et ça n'aurait plus rien eu de géré.
Ça sera le bon moment pour déclencher un plan massif de gestion et de pilotage de la demande, ainsi qu'un plan d'investissement dans les moyens de production.
La politique c'est l'anticipation. Mais quand les politiques anticipent trop, on leur reproche d'en avoir trop fait (puisque finalement rien de grave n'est arrivé). Un bon blackout en plein hiver et l'opinion publique suivra.

"Tant mieux ?" Sur un plan intellectuel, peut-être. Sur un plan concret et pratique, non, pas du tout. Mais surtout je n'imaginais pas que je revivrais ce que j'ai connu dans mon enfance de l'autre côté du rideau de fer, par manque de moyens, dans un pays riche, par manque de compétences de gestion.
Ça permettra peut-être de revenir aux fondamentaux et au partage. Le jour où on manquera de pétrole et d'électricité, on se rendra compte que les ressources ne sont pas illimitées. Par exemple que le propriétaire d'un Yacht privé consomme tellement de carburant qu'il empêche 100 personnes de prendre leur voiture. Ou bien qu'un autre, parce qu'il veut chauffer sa piscine en hiver, impose des délestages à tout son quartier. Ça mettra peut-être fin à certains comportements qu'on peut juger indécents.

La décroissance gérée peut être une belle idée. La décroissance subie, c'est l'enfer.
D'accord avec ça.
 
C'est pourquoi, je me demande si ce ne serait pas instructif/sensibilisateur de ne pas faire fonctionner les centrales aux charbons qui tournent en ce moment quitte à avoir un black out.
 
En cas de black-out, la réaction sera unanime : tout le monde va taper sur EDF en général et le nucléaire en particulier. Entre le manque de connaissance du fonctionnement et des responsabilités, et l’agenda politique des uns et des autres, je ne vois personne dire qu’on s’est trop reposé sur du renouvelable intermittent au détriment du pilotable ; ce n’est tout simplement pas entendable. EDF est le dernier qui a interêt maintenant qu’un black-out arrive. Même si la responsabilité de la fourniture est chez RTE depuis des années, personne n’est au courant et ceux qui le sont préfèrent faire croire le contraire par calcul politique.
 
Pas sûr car, cela déclencherait forcement plein de réactions et plus de discussions et il est possible qu'il en ressorte un début de vérité et de prise de conscience de la population.
 
Regarde cet article du 6 janvier, donc tout récent :


« Alors pourquoi ce besoin d’augmenter la production des centrales à charbon ? À cause, principalement, de l’arrêt simultané de 15 réacteurs nucléaires, au dernier pointage d’EDF. Une situation inédite due à la perturbation des opérations de maintenance lors des confinements et à la mise à l’arrêt des quatre plus puissants réacteurs de France pour raisons de sûreté. Dans ces conditions, le gestionnaire du réseau d’électricité, RTE, a alerté sur la sécurité de l’approvisionnement électrique cet hiver. »

Le fait que le nucléaire tourne à 80% alors que le renouvelable est à la ramasse totale cet hiver ne les empêche pas de dire que c’est « principalement un problème du nucléaire ». Aucun mot sur la suppression politique de 12 GW de pilotable des dernières années où sur le fait que le politique a réellement pensé que l’intermittent allait le remplacer. Non, en France le courant c’est EDF et le nucléaire, si ça marche pas on sait qui taper.

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Certes, en France l'électricité c'est le nucléaire, mais rien n'empêcherait de dire que la suppression de réacteurs est la cause du black out et que l'intermittant n'a rien résolu car il ne produit rien les 3/4 de temps.
 
Graphique intéressant.

Il faut comparer le vent avec le gaz et le solaire pour voir que nous sommes encore loin de répondre aux besoins.

Que le vent prenne déjà la place du gaz et surtout du charbon et on aura fait un grand pas.
L'erreur de beaucoup (anti nucléaires avant tout) est de vouloir le comparer à la puissance nucléaire, clairement pas dans la même court pour l'instant.
Si déjà le discourt et les solutions proposées répondent à ce point, je crois que nous ferions tous des progrès réels plutôt que crier à la catastrophe en faisant peu face au besoin du nucléaire.

Heureusement qu'en hiver nous avons de l'énergie hydraulique :finger:
 
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