@Duingt74 je vais répondre au deuxième article que tu citais. Et encore, je vais déjà parler de la partie qui parle des déchetrs immergés dans les années 60, parce que ça contient suffisamment de mensonges pour mériter un post entier.
Déjà il est signé Erwan Benezet, qui a l'air de croire que la rédaction d'un article de journal se résume à écrire sous la dictée de Greenpeace. Quasiment tous ses articles que j'ai lu sur le nucléaire sont mensongers.
L'article contient au moins deux gros mensonges et beaucoup d'imprécisions. Comme souvent, il donne l'impression de faire des révélations alors qu'il s'agit de données tout à fait publiques. Et surtout, il arrive par des insinuations à faire croire qu'il y a un souci, alors qu'il dit en toutes lettres que ce n'est pas le cas...
Le premier mensonge, c'est la localisation du site.
"
Un site en particulier a servi de poubelle nucléaire sous-marine. En 1967 et 1969, la fosse des Casquets, à 15 km des côtes du Cotentin, a ainsi accueilli à une centaine de mètres sous l'eau, 14 200 t de déchets, provenant du site nucléaire du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de Marcoule (Gard), géré par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra)."
Ben non, soit le monsieur mélange tout, soit il ment. Les vraies infos sont détaillées très simplement dans cette présentation de l'ANDRA :
Les déchets radioactifs immergés.
La France a effectivement immergé des déchets, mais c'est sur deux autres sites, par 4.000 m de fond (pas 100 m comme le dit l'article) et à des centaines de km de toute côte (pas 15 km). Ça correspond aux flèches horizontales de cette image tirée de la présentation :
Voir la pièce jointe 19344
La fosse des Casquets dont parle l'article, c'est le point avec une flèche verticale. Ce sont les Anglais et les Belges qui l'ont utilisée pour ça, pas la France. En plus de l'ANDRA,
Wikipedia confirme.
Ensuite, l'article ne précise pas de quels "déchets nucléaires" il s'agit. Les pays européens concernés y ont balancé des déchets de faible activité. Comme je le disais plus haut dans ce fil, pour la plupart d'entre eux, il s'agit de déchets qui sont moins rayonnants que du granit.... Du coup on comprend mieux pourquoi "
la radioactivité observée dans la zone des déchets immergés se confond aux fluctuations de la radioactivité naturelle de ces fonds marins". L'article est parfaitement clair : en gros, on n'a pas ajouté de radioactivité par rapport au rayonnement naturel. Mais cette phrase clé, qui décrit réellement la situation, est noyée dans un contexte anxiogène. C'est tout le génie des ONG à la con, comme l'ACRO à propos du tritium : faire un article alarmiste qui cache l'absence de problème sous un monceau d'insinuations qui font peur.
Par exemple cette phrase "
Que peut-on faire ? Pas grand-chose malheureusement. « Le niveau de dégradation des fûts est tel qu'il est compliqué, voire dangereux, de les bouger du fond de la mer », déplore Yannick Rousselet." C'est très subtil comme manipulation : on part du principe qu'il FAUT faire quelque chose, mais on ne peut pas. La vraie question aurait été "quel est le risque et que doit-on faire ?" ; là la réponse aurait été "il n'y a pas de risque donc il n'y a rien à faire". Personne de sérieux n'a l'idée de bouger les "déchets" en question, pas plus qu'on ne veut bouger les collines de granit en Bretagne.
Le second gros mensonge est une invention complète : "
Il suffirait pourtant que plusieurs fûts se percent dans un laps de temps rapproché, et que des courants défavorables transportent leur funeste contenu vers les côtes, pour que le danger soit réel." Ben non, c'est faux... Juste à côté des fûts percés, le rayonnement se confond avec celui naturel ; l'article le dit en toutes lettres, et c'est normal au vu des déchets en question. Pourquoi on aurait l'idée d'aller déplacer des fûts qui sont quasiment aussi radioactifs que le fond de la mer ?
Il y a un article du Monde qui est un peu plus sérieux :
Déjà eux situent la chose au bon endroit, comme quoi ce n'est pas si difficile...
Mais surtout ils comparent la radioactivité immergée par les français avec les écoulements d'eau de Fukushima. Ça permet de situer "le niveau de danger" : ça représente 1% de ce que Fukushima a largué dans l'océan. A 1000 km de la côte et par 4000m de fond...
Alors maintenant que tout ceci est dit, franchement, cet article du Parisien est à quel niveau de filsdeputerie sur 20 ?
Je ne pense pas que balancer les déchets tels quels au fond de l'eau était moral ou éthique. Mais je sais qu'ils ne représentent pas un danger, et prétendre le contraire c'est mentir.
Heureusement, quand on parle de nucléaire, on a l'habitude.