La crise énergétique commence

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion kamelie1706
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Le prix de l'énergie augmente et va, selon toute vraisemblance, continuer à augmenter.
Afin de remettre les choses en perspective, ce graphique montre la quantité d'essence que peut acheter 1h de SMIC en France.
Voir la pièce jointe 24052

Si on considère le fait que les véhicules consomment moins aujourd'hui qu'en 1960, le nombre de km parcourus avec 1h de SMIC a explosé.
La part du budget consacrée aux dépenses de carburant est restée stable depuis les années 70.

Les choses changent depuis 2017, mais on garde une capacité à nous déplacer largement au-dessus de ce qui existait dans les années 60-70.

Ce qui a changé, c'est que tout le pays s'est organisé autour d'une mobilité automobile facile et pas chère. Certains y croient encore. Il va falloir se faire une raison.
Je ne suis pas sûr que ça change, en prenant en compte mon exemple perso, lors de la crise covid, beaucoup de mes collègues ont abandonné les transports en commun pour venir au boulot en voiture (gain de temps car peu de gens sur les routes) (pour rappel je travaille dans les transports en commun, en région parisienne, à la RATP), à présent, malgré le prix élevé de l'essence, ils ne veulent plus "revenir en arrière" et abandonner leur voiture au garage, ils tiennent à leur petit confort, mais ils râlent déjà qu'ils vont pleurer lors du prochain plein.
Encore une fois, 2 de mes collègues sont mes voisins, on travaille au même endroit, les 2 prennent leur voiture, moi les transports en commun, je mets le même temps qu'eux (si tout va bien). Sans compter leurs femmes qui prennent la voiture pour faire 800m et aller chercher les petits à l'école...
Les beaux jours reviennent, qu'ils investissent dans une draisienne électrique pour faire les 13kms (via les bords de Marne) qui nous séparent de notre ville à notre lieu de travail, ils feront ça en 30min (1h en vélo, je le fais de temps en temps l'été).

Bref, puis malgré tout après cette crise covid, beaucoup de mes amis sont allés s'installer encore plus loin en banlieue parisienne pour avoir la maison avec un plus grand jardin, mais ils se retrouvent parfois loin des transports.
Moi, comme déjà dit, je suis à 1km de tout (école, gymnase, supermarché, commerces de proximité, banques, gares, bords de marne), mais j'ai payé ma maison un prix assez élevé.
 
Avant la covid, j'ai des collègues qui ont aussi quitté les centres pour aller à la campagne, seulement avec 50km aller et autant retour, ils passent maintenant plus de temps en voiture et surtout cela leurs coutent bien plus cher, alors maintenant avec l'augmentation des prix de l'essence cela va devenir intenable.
Avant, ils pouvaient toujours se rabattre sur du TC, mais maintenant, ils vont en avoir pour 2h à 3h le matin et autant le soir, s'ils veulent faire du TC et quand même une dizaines de km de voiture.... :depressed:
 
Je suis inscrit sur un site de covoiturage depuis 3 ans (Blablacar Daily).
Je constate une croissance forte du nombre d'utilisateurs (x10 en 3 ans), à tel point que je pourrais aller au travail tous les jours en tant que passager d'une voiture. Je n'ai pas encore essayé (depuis 3ans...) parce que je me déplace à vélo essentiellement et je vis dans une région où il ne pleut que rarement aux horaires où je sors ;). Les rares fois où il pleut et que ça mouille, j'ai pris le bus, mais je pense que je vais tenter le covoiturage à l'avenir.

Comme je ne me sers plus de la 2ème voiture, je la mets en location (sur Ouicar) et elle permet aux touristes de venir en train (moins de CO2, trajet souvent plus rapide et moins cher, sécurité plus importante) dans ma belle région et d'avoir une voiture sur place. Pareil, grosse progression depuis que j'utilise (1,5 an).

Tout ça pour dire que ceux qui sont futés ont déjà trouvé leur solution à la crise énergétique (et environnementale). C'est bon pour le portefeuille et pour la planète. En plus on rencontre des gens et c'est parfois des rencontres intéressantes.
Après, il y a beaucoup de gens qui ne connaissent pas, qui n'ont pas envie de "faire l'effort" ou bien qui ont peur des autres. Et il y a aussi ceux qui préfèrent râler parce que ça les fait exister...

Les sites qui permettent cette mise en commun des moyens de transports existent déjà et ne demandent qu'à prendre de l'ampleur. Évidemment, chacun fait comme il veut, mais on ne peut pas dire que la crise soit une menace directe sur notre capacité à nous déplacer. En tout cas, on a des solutions sous le coude.
 
surtout qu'avec le prix actuel de l'essence, plein de solutions alternatives vont émerger.
Le train va-t-il redevenir compétitif?
Je viens de réserver mes vacances de Pâques, Paris > Dax, 300€ en TGV (pour un adulte, un enfant de 6 ans et une de 2 ans), certes ça fait cher, mais si je compte 3 pleins à 70e mini plus le péage (100€ A/R) et bien je gagne un peu, mais si je devais louer une voiture sur place pas sûr que j'y gagne, au moins je gagne en temps de parcours (5h30 de porte à porte) contre 10h en voiture (nombreuses pauses pour les petites pour aller jouer sur les aires d'autoroutes).

Mais oui, certains changent, soit car ils ont compris qu'il fallait changer de modèle, d'autres changeront car ils y sont forcés à cause du prix de l'essence, bien sûr une dernière frange refusera tout changement.
 
Ajoute aussi les dépenses "invisibles" (entretien, usure des pneus, dépréciation, etc.) liées aux 1500km que tu aurais parcourus en voiture et tu seras largement gagnant.

Les trajets avec des enfants de cet âge je connais !
Tu vas aussi gagner en fatigue et en sécurité.
 
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Types de marchés : d'une part (le marché gazier "douanier"), on trouve des contrats relatifs à des livraisons "physiques" couvrant des périodes d'approvisionnement même longues (plusieurs années) et des besoins réels de vente ou d'achat de gaz ; d'autre part (le marché spot TTF), on trouve des contrats à court terme motivés par des objectifs de rendement, c'est-à-dire par la pure spéculation.
Cette forte hausse des prix du gaz est due aux opérations spéculatives et d'arbitrage* des grands opérateurs énergétiques.

Cela concerne tous les produits primaires, le blé, le maïs, etc., ce qui crée un décalage entre les prix négociés à la bourse et la relation réelle entre l'offre et la demande.

Le conflit russo-ukrainien ne fait qu'accentuer ces décalages (n'oublions pas que le gaz russe continue d'affluer vers l'Europe comme avant et qu'il n'y a donc pas de diminution réelle du gaz) en raison de la simple spéculation.

Nous parlons toujours de la finance "créative" qui tue l'économie réelle au lieu de l'aider.

*Une opération d'arbitrage est une opération consistant à acheter un actif (dans ce cas le gaz) sur un marché et à le vendre sur un autre marché, en exploitant les différences de prix afin de réaliser un profit.
 
(n'oublions pas que le gaz russe continue d'affluer vers l'Europe comme avant et qu'il n'y a donc pas de diminution réelle du gaz)
Depuis le début des années 2000, la production de gaz naturel en Europe est en diminution. On a très probablement passé le pic physique de la ressource dans la région. Contrairement au pétrole, il est compliqué d'importer du gaz à longue distance. L'augmentation du prix est d'abord due à ça. La spéculation amplifie le mouvement mais n'est pas la cause principale. Pour être clair, je ne pense pas que le marché est organisé correctement ou que la spéculation est une bonne chose. Mais il ne faut pas se tromper sur les causes.

Et dans tous les domaines gérés par un marché (donc hors communisme en gros), spéculation ou non, quand on sait que la fourniture d'un produit toujours consommé va baisser, les prix montent. A la limite, j'ai envie de dire que c'est une bonne chose : on va peut-être se sortir les doigts et commencer à s'occuper de la question du fossile, et de la question de la dépendance aux pays à la noix. C'est dommage qu'il faille arrive à ça, mais de toute évidence c'est le seul moyen qu'on comprend. On entend les messages depuis 20 ans mais on se bouge pas.
 
Depuis le début des années 2000, la production de gaz naturel en Europe est en diminution.
C'est vrai, mais cela ne justifie pas une différence aussi importante entre les cotations TTF et les contrats à long terme (gaz douanier), surtout dans un délai aussi court.
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Au milieu de toutes ces opérations, à mon avis, déliquescentes, il y a la spéculation de "proximité", l'augmentation du coût pour l'utilisateur est directement liée au coût dû à la spéculation mais, au contraire, le prix ne baisse pas immédiatement lorsque la cotation baisse.
Si la raison pour laquelle le prix ne baisse pas est que l'offre fait référence à un achat effectué avec une cotation plus élevée, pourquoi le prix augmente-t-il immédiatement alors que le coût de l'offre était plus faible ?

Tout tourne autour des profits, qui ne sont pas une mauvaise chose en soi, mais lorsque ceux-ci sont réglementés et ne visent qu'à accroître le capital de quelques personnes au détriment du plus grand nombre, ils deviennent tout simplement une "attaque" contre le bien-être collectif.
Suis-je un comploteur ?
Peut-être, mais le fossé toujours plus grand entre les riches et les pauvres et les millions de personnes en Russie et en Europe qui voient leur pouvoir d'achat diminuer en ce moment m'amènent à ces réflexions.
Que pouvons-nous faire, nous, les "petits" citoyens, à ce sujet ? Presque rien, nous n'écrivons pas les règles, nous les subissons.
Pour ma part, j'essaie de rester à l'écart de la bourse (du moins des instruments spéculatifs), j'essaie parce que même si ce n'est pas volontairement, j'y suis en ayant un compte bancaire, je ne veux pas accroître la richesse de ceux qui dirigent les danses avec ma sueur.

Dans les années 80-90, deux grands juges anti-mafia italiens (Giovanni Falcone et Paolo Borsellino) ont compris que pour attaquer la mafia, il fallait attaquer les actifs de la mafia.
Pour faire un parallèle aujourd'hui, pour résoudre les conflits, polluer moins et rendre les gens plus égaux, il faut "frapper" l'enrichissement spéculatif. Sans une telle intervention, tous les discours sur la décarbonisation resteront toujours une chimère que seul le tarissement des combustibles fossiles peut résoudre.
 
pour résoudre les conflits, polluer moins et rendre les gens plus égaux, il faut "frapper" l'enrichissement spéculatif. Sans une telle intervention, tous les discours sur la décarbonisation resteront toujours une chimère que seul le tarissement des combustibles fossiles peut résoudre.

C'est l'inverse.

Tant que les prix des hydrocarbures sont bas, on fait des beaux discours sur la décarbonation, et en même temps on continue à accélérer. Soyons honnêtes : au niveau global, personne n'en a rien à cirer du réchauffement et de la perte de biodiversité. La meilleure preuve : on est au courant et on continue.

Maintenant que les prix sont en train de monter (pour une "mauvaise" raison, comme la guerre et la spéculation), on va commencer à agir. Donc "merci" à la spéculation de rendre le problème très visible et tangible.

Ce matin un de mes collègues me disait que vu les prix du fuel, il envisage de passer rapidement aux pellets ou à une pompe à chaleur. Il était déjà au courant du problème de réchauffement avant. Ce n'est pas ça qui l'a poussé à agir.
 
Tant que les prix des hydrocarbures sont bas, on fait des beaux discours sur la décarbonation, et en même temps on continue à accélérer.
Je suis d'accord avec ton raisonnement, plus l'énergie fossile est bon marché, plus il nous faudra du temps pour décarboniser, mais la spéculation est un "animal" qui se nourrit des hauts et des bas des prix, ceux qui s'enrichissent le font que le coût de l'énergie fossile augmente ou diminue.
En effet, les spéculateurs jouent sur la volatilité du marché boursier et, par conséquent, ce sont eux qui font monter ou descendre le coût des matières premières.
Les fluctuations réelles de la valeur des matières premières sont déconnectées de la relation entre la production et la demande et cela, comme nous le constatons, tue l'économie réelle.
 
Je ne suis pas d'accord et je crois qu'on n'y arrivera pas... Tu sembles penser que les fluctuations des valeurs en question sont "aléatoires" et se produisent n'importe comment sur base d'autres paramètres. Pour moi elles sont au contraire très liées, avec un facteur 10 (chiffre au pif). Quand la demande augmente, les prix peuvent exploser de façon déraisonnable. Tu sembles penser que ça tue l'économie réelle, alors que j'ai l'impression que l'économie réelle continue son bonhomme de chemin (croissance mondiale toujours positive depuis 200 ans, tant qu'on a accès à du fossile pas cher).

Je pense que la spéculation en question est un épiphénomène qui dans le grand schéma des choses ne change pas grand-chose, et nos problèmes globaux seraient les mêmes en ordre de grandeur ; pour toi c'est la cause de nos problèmes. Donc oui, on a une divergence d'opinions...
 
Ça fait 50 ans que la science est au courant du réchauffement climatique, et ça fait bien 20 ans que tout le monde entend parler du GIEC et des conséquences désastreuses du réchauffement climatique.
Ça fait plus de 30 ans qu'on sait que le pétrole (ou le gaz) ne sera pas éternellement bon marché.
Depuis 1973 (50 ans) on sait qu'un conflit armé peut déstabiliser fortement l'approvisionnement énergétique d'un pays.
Depuis 2012 la combustion du gazole est considérée comme cancérigène par l'OMS.

C'est factuel, documenté, et en fait tout le monde est d'accord là-dessus. La spéculation n'a rien à voir avec tout ça.

À coté, on a des personnes et des groupes de personnes qui veulent croire (et faire croire) que "non, tout ira bien", on peut continuer "comme avant", on trouvera bien une solution, on subventionnera, etc.
Parce que la vie est plus agréable ainsi.

Chacun est libre de croire ce qu'il veut. Attention quand même aux déceptions...
 
Pour l'instant, en Europe, c'est fuite en avant.

Le raisonnement de nos élites européennes est simple: on a une monnaie forte, l'Euro, qui fait partie du panier de monnaies de référence qui composent les DTS du FMI. Si les prix s'envolent pour se payer les matières premières énergétiques et alimentaires, on pourra suivre.

En fait ils ne font que singer les USA: rien à cirer du "rest of the world". Si il y a des émeutes de la faim, ce n'est pas leur problème

Par contre grosse mobilisation médiatique à prévoir de la "Charity Business Company" avec plein d'images plus terribles les unes que les autres pour que le peuple se sente concerné et mette massivement la main à la poche ...
 
Depuis 1973 (50 ans) on sait qu'un conflit armé peut déstabiliser fortement l'approvisionnement énergétique d'un pays.
Et même bien avant :


Les leçons ne sont jamais retenues.

"non, tout ira bien", on peut continuer "comme avant",
Le problème est que les volontaires pour passer tout de suite au "monde d’après" (pendant que les copains continuent "comme avant") ne se bousculent pas.
 
Tu sembles penser que les fluctuations des valeurs en question sont "aléatoires" et se produisent n'importe comment sur base d'autres paramètres.
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Selon toi, cette variation en un seul jour est donc due à la relation entre l'offre et la demande ?
Nous pouvons prendre n'importe quelle période, plus ou moins longue, même en l'absence de guerres pour voir des fluctuations insensées des prix.

Donc oui, on a une divergence d'opinions...
Bien entendu, et c'est précisément la "valeur ajoutée", pour prendre une décision, il est nécessaire de disposer de toutes les réflexions possibles afin d'avoir un aperçu complet.
Comme le dit @guilhem41, nous connaissons les désastres causés par les énergies fossiles depuis des années et pourtant nous continuons sur cette voie, et la raison en est ?
De mon point de vue, c'est le profit disproportionné des différents cheikhs, des compagnies minières et de ceux qui spéculent autour de ces matières premières.
Si, il y a trente ans, nous nous étions concentrés sur l'énergie nucléaire, les énergies renouvelables, les maisons efficaces, etc., nous n'en serions probablement pas là.
Bien sûr, il y a 30 ans, la production d'énergie renouvelable n'avait pas les rendements actuels mais, au fil du temps, toutes les parties ayant des rendements inférieurs ont pouvant être remplacées par d'autres.
Certains pays nordiques ont un taux très élevé d'énergies renouvelables, pourquoi sommes-nous à la traîne ?
Se pourrait-il qu'il y ait eu et qu'il y ait encore des intérêts très élevés dans l'énergie fossile ?
Sommes-nous sûrs que le libéralisme, le capitalisme extrême et la mondialisation tels qu'ils sont conçus sont la bonne voie à suivre ?
 
Certains pays nordiques ont un taux très élevé d'énergies renouvelables, pourquoi sommes-nous à la traîne ?
Peut-être pour une simple question de géographie ?
Suède et Norvège (anisi que le Québec) sont à quasi-100 % d’hydroélectricité.
En France, la plus grande partie de cette ressource est déjà exploitée..... et produit ~15 % des besoins.
Fallait-il construire des montagnes pour ne pas être "à la traîne" ?

Se pourrait-il qu'il y ait eu et qu'il y ait encore des intérêts très élevés dans l'énergie fossile ?
Ben oui, à commencer par "l’intérêt" (sic ! ) de celles et ceux qui ont besoin de pétrole pour vivre (en gros, tout le monde ;) ).

Sommes-nous sûrs que le libéralisme, le capitalisme extrême et la mondialisation tels qu'ils sont conçus sont la bonne voie à suivre ?
C’est le premier rôle de la Démocratie que de réglementer/encadrer/surveiller/sanctionner les excès du capitalisme.
A ce jour, il n’a été démontré nulle part qu’il était possible de sortir des "libéralisme, capitalisme extrême, mondialisation" en conservant un mimimum de niveau de vie et de liberté individuelle.
Si tu as des idées, elles sont les bienvenues.
Encore une fois, attention à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain ;)
 
Peut-être pour une simple question de géographie ?
Dans les pays méditerranéens, le soleil et le vent ne manquent pas et pourtant nous sommes encore très en retard sur les énergies renouvelables.

C’est le premier rôle de la Démocratie que de réglementer/encadrer/surveiller/sanctionner les excès du capitalisme.
Je suis tout à fait d'accord, en fait ma "plainte" porte sur le manque de contrôle encouragé par la législation faite et conçue par les puissants.
 
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