La crise énergétique commence

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion kamelie1706
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Avec le rechauffement moins de neige, ou grosses fondues intempestives comme il y a peu en Isère, avec inondations... Pas glop pour les barrages, vieilissants... Tout comme la France en fait. Vieux pays, grosse inertie, prés carrés des uns et des autres, avenir radieux pour la jeunesse...

Il y a des délestages "organisés", rte prévient une heure avant (source bfm business) cette usine, dans les premier cosommateurs de France, en cas de besoin. Ils sont indemnisés... Ca va coûter cher...
 
Excellent le chapô de l'article : le problème c'est bien sur qu'"une dizaine de réacteurs sont à l'arrêt". Du coup regardons la prod électrique à la date de l'article :

Prod electrique 17 janvier.png

==> le nucléaire a produit toute la journée à 80%, l'éolien à 10%, le solaire à que dalle.

Mais le problème c'était les réacteurs à l'arrêt. On devrait en fermer et les remplacer par plus d'éolien, tiens. Ca ira mieux.
 
Ca va coûter cher...
Ben oui, nous allons finir par payer le manque de courage politique l’indécision de nos gouvernants, aux commandes ces 10 dernières années.
Diminuer la part du nucléaire à 50 % sans vrai moyen de substitution ni programmer le remplacement des réacteurs en fin de vie.
Fermer Fessenheim avant que Flamanville ne soit raccordé au reseau.
Développer l’éolien offshore à la vitesse de l’escargot.
R&D sur le stockage au point mort.
Fermeture d’ASTRID.
Etc...
 
Dernière édition:
Ben oui, nous allons finir par payer le manque de courage politique l’indécision de nos gouvernants, aux commandes ces 10 dernières années.
Diminuer la part du nucléaire à 50 % sans vrai moyen de substitution ni programmer le remplacement des réacteurs en fin de vie.
Fermer Fessenheim avant que Flamanville ne soit raccordé au reseau.
Développer l’éolien offshore à la vitesse de l’escargot.
R&D sur le stockage au point mort.
Fermeture d’ASTRID.
Etc...
Le problème de tout ça c'est que c'est du temps long, les politiciens veulent être réélu donc faut un temps court, quelque chose qui peut être réalisé dans le mandat et qui servira à la réélection.
 
Pendant que Libération publie de la merde en barre en donnant la parole à n'importe qui pour raconter n'importe quoi, les vrais problèmes s'aggravent chez EDF, et donc pour toute l'Europe.

Pour situer : ils prévoient maintenant une prod nucléaire de 300 TWh cette année. En 2018, c'était 390 et en 2019 c'était 380 (on oublie 2020, la conso était anormalement basse). Quasiment 25% de perte de capacité de prod pour plein de raisons (grand carénage en cours, maintenances décalées par le covid, et maintenant soupçons de corrosion sur certains réacteurs mais on ne sait pas encore lesquels).

Et il n'est pas dit qu'ils ne vont pas baisser de nouveau la prévision ; c'est plutôt le contraire qui risque de se produire.

Avec le "bouclier tarifaire", le gouvernement avait espéré que les prix du courant allaient baisser de façon magique à partir de février. Apparemment ils avaient raison chez IBM : "hope is not a strategy". La fin de l'hiver va être merdique, et on va continuer de rire toute l'année. J'imagine que leur objectif (comme tous les politiciens depuis des décennies) sera de survivre jusqu'aux élections, et Après On Verra Bien.
 
Hiver, il est sur le chemin de la fin déjà, 15/18° dans les bouches du rhones, cerisiers en fleur. 13° en region Lyonnaise. Reste les giboulées de Mars, désormais mi Fevrier...

Ma facture des 1an avec la ioniq pique par contre... conso pile poile comme prévue, mais le tarif pas compris... S'il n'y a pas d'erreur je vais soit la revendre soit tenter un peu de solaire diy lowcost...
 
Pour ceux qui trouvent qu'en Europe on fait absolument n'importe quoi avec notre production d'électricité : ouf, on n'est pas les seuls !

Dans l'état de New York, ça fait cinq décennies que l'association Riverkeeper (et d'autres) demandait la fermeture de la centrale nucléaire d'Indian Point. A force de lobbying et de campagnes à la con, ils ont eu sa peau : le second réacteur a fermé en 2021. Au passage, les villages autour ont perdu 32 millions annuels de taxes. En tout cas, Riverkeeper se vante d'avoir fait fermer la centrale, 2.3 GW d'électricité bas carbone.

Dans le cadre de la négociation de la fermeture, Riverkeeper avait validé que cette production bas carbone perdue serait remplacée par une ligne haute tension souterraine venant du Québec, où ils ont énormément de hydro. Donc les travaux ont commencé, la centrale a fermé et tout allait bien.

Sauf que maintenant que la centrale est fermée, moins d'un an après les accords, les mêmes Riverkeper s'opposent à la construction de cette ligne haute tension. Pourquoi ? "L'hydro n'est pas décarboné (ah bon ?), et on a eu le courage de réviser notre opinion sur le sujet".

Du coup l'état de NY continue avec son mix où le gaz est majoritaire. Une excellente opération pour tout le monde !
 
Sauf que maintenant que la centrale est fermée, moins d'un an après les accords, les mêmes Riverkeper s'opposent à la construction de cette ligne haute tension. Pourquoi ? "L'hydro n'est pas décarboné (ah bon ?), et on a eu le courage de réviser notre opinion sur le sujet".
Ok le revirement présenté comme ça apparait crétin (et ils auraient peut-être pu - du - y penser avant....)
Mais dans l'article Wiki que tu mets en lien, on voit un max de l'hydro à 2200 gCO2/kWh (vs 24 pour la médiane). Perso je connais pas bien le sujet hydro, mais j'imagine que l'installation d'un méga-barrage peut avoir un effet important sur l'environnement, et d'ailleurs certains projets ont été et sont encore controversés.
Après comme dit, je suis pas expert du sujet, mais à partir du lien posté, on sent qu'il y a une controverse, avec un facteur 100 entre la médiane et le max plus important que le facteur 10 du nucléaire.
De là à dire, comme le fait Riverkeeper, que "Hydropower in general is not low carbon".... vue la médiane, je renverserais l'affirmation pour dire le contraire...
 
Le chiffre de 2200 est le max constaté quelque part dans le monde ; et le minimum est 1. Je ne crois pas qu'il y a de controverse, les chiffres de Wikipedia viennent du rapport du GIEC. Ils indiquent toujours les valeurs haute, basse et médiane. Pour trouver une médiane de 24 avec un max de 2200, c'est que ce chiffre vient d'une sorte d'anomalie statistique.

Dans le cas présent, quand on a le choix entre brûler du gaz (moitié du mix dans l'état de NY) et utiliser un barrage existant, on ne doit pas réfléchir bien longtemps... Et le revirement n'est pas crétin, c'est une stratégie : exiger toujours plus, peu importe les promesses et les accords. Le dogmatisme et le fanatisme à l’œuvre.
 
Dans le cas présent, on est d'accord. Quoique, le projet prévoyait-il d'utiliser des barrages existants ?

Dans le cas général, ça a l'air plus compliqué que juste regarder une médiane: l'installation d'un barrage nécessite l'inondation d'une zone géographique, et les émissions de GHG du barrage dépendront donc du type de terrain inondé. Ainsi, inonder une vallée alpine ou une forêt tropicale n'aura pas le même impact en raison de la nature des sols et de la végétation:
"Bruce Forsberg and Alexandre Kemenes have demonstrated that the Balbina Dam for instance emits 39,000 tonnes of methane each year and three other dams in the Amazon produce at least 3 to 4× as much CO2 as an equivalent coal-fired power plant."
Source

De plus, dans ce rapport de l'UNECE, on lit la chose suivante à la page 48:
"Hydropower emissions are mostly embodied in transport and infrastructure. The 660 MW plant should be considered
as an outlier, as transportation for the dam construction elements is assumed to occur over thousands of kilometres
(which is only representative of a very small share of hydropower projects globally). The 360 MW plant should be
considered as the most representative, with fossil greenhouse gas emissions ranging from 6.1 to 11 g CO2 eq./kWh.
Biogenic emissions are not shown here, as they are highly site-specific. The absence of operational emissions, a long
asset lifetime, and high load factors make hydropower perform relatively well regarding the GHG metric. "
(Les barrages de la catégorie 660 MW sont indiqués à 150 gCO2/kWh)

Et enfin, je suis tombé sur cette discussion sur le git de l'Electricity Map: une chercheuse norvégienne, Ingunn Modahl, répond en explicitant ses résultats pour les centrales hydro du pays, tout en spécifiant la chose suivante:
"Emissions from infrastructure and operation do not vary much, but emissions from inundation can vary extremely much based on vegetation, temperature and climate zone."

Bref, je suis parfaitement incapable d'estimer les émissions de GHG des barrages canadiens. Par contre, à la vue de ces éléments, on dirait bien qu'on peut difficilement transposer la médiane au cas général, et qu'il faut plutôt regarder au cas par cas.
 
J'ai comme un gros doute sur le fait que nos amis de Riverkeeper ont fait un calcul des émissions de(s) barrage(s) en question, et s'ils l'avaient fait je doute qu'ils arrivent à un résultat supérieur au gaz. D'autant plus que personne ne parle de créer des nouveaux barrages : les émissions en question ont déjà eu lieu et ne sont plus discutables.
 
R&D sur le stockage au point mort.
C'est sûr que si on pouvait massivement stocker l'électricité de l'éolien et du solaire avec un bon rendement, l'intermittent aurait du sens.
Sauf qu'on ne peut pas faire de R&D pour contourner les lois de la physique.
A partir de ce constat, il y a une loi qui joue à plein avec l'intermittent: la loi de Murphy.
 
Je ne suis pas aussi pessimiste que @Croco78. Le stockage, d’une façon ou d’une autre, on va s’y mettre. Avec les techniques actuelles ce n’est pas efficace. On doit continuer à faire de la recherche et se creuser la tête sur le sujet. Et d’ici là on doit faire avec tout ce qu’on a.
 
Si on chauffe encore plus, on peut même faire de l'hydrogène sans électricité.
Quand on fait un calcul de rendement énergétique, il faut compter TOUTE l'énergie de départ et pas seulement l'électricité.
Dans le procédé évoqué, on suppose que la vapeur va être fournie gratuitement et que le travail de compression en sortie va lui aussi être gratuit pour stocker l'hydrogène dans une cavité saline.
C'est surtout après que ça se complique:
Dans la filière hydrogène, on prévoit de réutiliser le gaz pour l'injecter dans le réseau, faire de la mobilité ou de la chimie (engrais) mais surtout pas de refaire massivement de l'électricité pour l'injecter dans le réseau quand le vent sera tombé car là, le rendement global sera prohibitif.
Accessoirement, l'électrolyse à haute température, ce n'est pas un procédé qui démarre avec un claquement de doigts quand le vent se lève...
A moins évidemment de tout maintenir en température (700°C quand même) quand il n'y a plus de vent... avec une partie de l'hydrogène produit.
Avec une source intermittente, il faut un électrolyseur intermittent.
 
Le problème n'est pas vraiment dans les 700°C car le passage de 150°C à 700°C est probablement fourni par effet Joule pour démarrer l'électrolyseur puis en régime établi par un échangeur à flux croisé (comme dans une VMC à double flux) qui récupère la chaleur des gaz de sortie pour réchauffer la vapeur 150°C à l'entrée.
Le vrai souci est qu'il s'agit d'une usine à gaz, pas de quelque chose qu'on peut installer au pied d'une éolienne parce qu'il faut en plus de la vapeur à 150°C (assez rare en pleine mer), un système de refroidissement, un compresseur relié à un réseau et surtout du personnel (24h/24) pour gérer tout ça.
Le modèle, c'est l'électrolyse du chlore ou de l'aluminium: une usine qu'on installe à côté de la source d'électricité pour réduire les pertes parce que c'est un gouffre à courant continu basse tension.
En résumé, il faut une centrale électrique à proximité immédiate: tout l'inverse d'un parc éolien à des dizaines de kilomètres avec du courant quand il y a du vent.
 
En résumé, il faut une centrale électrique à proximité immédiate: tout l'inverse d'un parc éolien à des dizaines de kilomètres avec du courant quand il y a du vent.
TOUTES les utilisations de l’électricité produite en mer se situent, au moins, à des dizaines de km des éoliennes.
On peut supposer que le delta (gain de producion - pertes en ligne) est positif ;)
Ensuite, il est évident que les électrolyseurs doivet être installés à proximité d’une source "gratuite" d’eau chaude.
Rien d’infaisable ni de contraire aux "lois de la physique".
 
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