Les mensonges du nucléaire

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion FoLuxo
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Je n'ai pas vu le doc ni le débat, mais je crois aisément que l'ensemble ait pu être de grande qualité.
A travers ce sujet du nucléaire, j'ai l'impression que @FoLuxo pose un problème bien plus vaste et vieux comme le monde : celui de l'objectivité de la presse.
Je pense qu'aucune presse n'est objective, vu qu'il y a des humains derrière la plume. Et chacun des humains qui a contribué à l'émission est soit pro, soit anti.
Par ailleurs les budgets de la presse ne sont pas infinis, le temps imparti pour produire un article ou une émission non plus, le tout aboutissant fatalement à des erreurs et approximations.
C'est vrai pour tous les domaines.
L'erreur que tu signales Foluxo est dans doute celle d'un anti, et au final tu as rejeté le bébé, mais peut-être que l'ensemble était "équilibré" à défaut d'être parfait ?
 
@FoLuxo pose un problème bien plus vaste et vieux comme le monde : celui de l'objectivité de la presse.
En l’occurence, je dirais plutôt le parti pris systématique de "simplification" pour rendre le sujet accessible à Mme Michu.
Il y a probablement (flemme de chercher ??) une différence de protection entre Fessenheim et les modèles français suivants.
Comparer le niveau de protection de Fessenheim avec celui de Tchernobyl est certainement une simplification excessive.
C’est valable pour tous les sujets : un spécialiste trouvera toujours le babil journalistique approximatif... dans le meilleur des cas.
De nos jours, avec la source de l’information accessible, si on veut s’en donner la peine, il est plus aisé de se former sa propre opinion.
 
En effet, personne ne peut prétendre être objectif. Mais l'objectivité et la subjectivité relèvent des opinions.

Là il ne s'agit pas d'opinion mais d'éléments factuels. Il y a ou il n'y a pas d'enceinte de confinement.

Si les opinions de ceux qui s'expriment sont basées sur des fausses informations, il ne s'agit plus d'objectivité ou de subjectivité mais de la pertinence d'un avis qui ne serait pas fondé.
Pour faire simple : si on n'a pas les bonnes informations, on ne peut pas prétendre avoir un avis (pertinent).

Là où j'ai un doute, c'est sur le coté militant de la chose. Je pense plutôt à de l'incompétence mêlée à des biais de confirmation.
 
Du coup j'ai regardé jusqu'au bout.

Ce n'est pas du travail journalistique, c'est du militantisme. Le "documentaire" n'est pas destiné à donner des infos mais une tribune à des gens qui (ils le disent eux-mêmes) pensent qu'il faut sortir du nucléaire depuis les années 1970, peu importe ce qui s'est passé ou non depuis. Alors je pourrai retranscrire mes trois pages de notes, mais je ferai plus bref : si on veut s'informer sur le sujet, c'est de la merde.
 
Dernière édition:
Je n'ai pas vu le doc ni le débat, mais je crois aisément que l'ensemble ait pu être de grande qualité.
A travers ce sujet du nucléaire, j'ai l'impression que @FoLuxo pose un problème bien plus vaste et vieux comme le monde : celui de l'objectivité de la presse.
Je pense qu'aucune presse n'est objective, vu qu'il y a des humains derrière la plume. Et chacun des humains qui a contribué à l'émission est soit pro, soit anti.
Par ailleurs les budgets de la presse ne sont pas infinis, le temps imparti pour produire un article ou une émission non plus, le tout aboutissant fatalement à des erreurs et approximations.
C'est vrai pour tous les domaines.
L'erreur que tu signales Foluxo est dans doute celle d'un anti, et au final tu as rejeté le bébé, mais peut-être que l'ensemble était "équilibré" à défaut d'être parfait ?

En l’occurence, je dirais plutôt le parti pris systématique de "simplification" pour rendre le sujet accessible à Mme Michu.
Il y a probablement (flemme de chercher ??) une différence de protection entre Fessenheim et les modèles français suivants.
Comparer le niveau de protection de Fessenheim avec celui de Tchernobyl est certainement une simplification excessive.
C’est valable pour tous les sujets : un spécialiste trouvera toujours le babil journalistique approximatif... dans le meilleur des cas.
De nos jours, avec la source de l’information accessible, si on veut s’en donner la peine, il est plus aisé de se former sa propre opinion.

C'est exactement tout cela à la fois.
Nous commettons tous occasionnellement, dans le cadre de notre activité professionnelle, aussi consciencieux soit-on, des approximations, des erreurs, ou encore des impasses par faute de temps ou de moyens. Il est également impossible d'aborder un sujet sans nous départir totalement de nos a-priori, même inconsciemment. Et tout spécialiste qu'on soit de notre domaine, il y aura toujours des petites niches de ce domaine qui échapperont à notre connaissance et à notre compréhension des choses.
Pourquoi ne pas accepter qu'il en soit de même pour les professionnels que sont les journalistes, d'autant qu'au cours d'un travail d'investigation, ils vont collecter une somme gigantesque d'informations et devoir les retranscrire, dans des domaines où ils n'ont pas nécessairement une expertise poussée à l'extrême. Dans ces conditions on peut comprendre que des informations reçues ne soient pas parfaitement comprises et donc retranscrites, sans pour autant qu'il y ait une volonté de désinformation.

Autrement dit, pourquoi ne pas aborder tout cela plus sereinement, sans procès d'intention (pour ne pas parler d'une forme de complotisme...), en se contentant d'apporter des rectificatifs factuels sur les points qui le méritent...

De plus FoLuxo focalise sur la comparaison avec Tchernobyl. Mais dans l'affirmation de la narratrice il y a deux volets :
1) le niveau de protection offert à Fessenheim n'est pas au niveau des autres installations françaises (et sous-entendu ne répond plus à notre niveau d'exigence actuel). Si tant est que ce soit exact (Comme Flyer34, la flemme de chercher), il me semble que c'est l'info essentielle, et qui peut justifier le choix de fermeture
2) le niveau de protection de Fessenhiem était équivalent (voire identique) à celui de Tchernobyl, où il y aurait pour le moins une approximation (il y a aussi des systèmes de confinement sur les centrales du type de Tchernobyl si j'ai bien compris ce que je l'ai lu rapidement, mais de type modulaires, donc moins robustes)
Et sur la base du seul point 2, FoLuxo décide, au bout de 3', de jeter le bébé avec l'eau du bain comme tu le dis Grigou.
Ce n'est pas très honnête non plus intellectuellement comme démarche si ?

Pour info, les participants au débat qui a suivi le doc (et dans cette émission le débat est souvent au moins aussi intéressant que le doc lui-même) étaient :
- Marc-Antoine Eyl Mazzega : Directeur du Centre Energie et Climat de l'IFRI (Institut français des relations internationales).
- Valérie Faudon : Déléguée générale de la SFEN (La société Française d'énergie Nucléaire). Une association scientifique dont les contributeurs sont les principaux acteurs du secteur nucléaire.
- Yves Marignac : Consultant sur le nucléaire et la transition énergétique au sein de l'institut négaWatt, auteur de "Manifeste NegaWatt: réussir la transition énergétique" publié chez Acte Sud
 
Du coup j'ai regardé jusqu'au bout.

Ce n'est pas du travail journalistique, c'est du militantisme. Le "documentaire" n'est pas destiné à donner des infos mais une tribune à des gens qui (ils le disent eux-mêmes) pensent qu'il faut sortir du nucléaire depuis les années 1970, peu importe ce qui s'est passé ou non depuis. Alors je pourrai retranscrire mes trois pages de notes, mais je ferai plus bref : si on veut s'informer sur le sujet, c'est de la merde.
Je suis désolé, mais je ne suis pas d'ok avec toi, d'autant que dans le concept de cette émission, on ne peut pas prendre le doc seul, sans le recontextualiser avec le débat qui suit. C'est le principe même de l'émission, et ce qui fait sa richesse. Et dans le débat, il y avait quelqu'un très marquée "pro" (et d'ailleurs avec une attitude assez condescendante par rapport non pas au doc mais à son principal détracteur sur le plateau...) qui a eu toute liberté de parole, et quelqu'un de manifestement "anti" mais sans outrance. Le 3ème invité apportant des éclairages complémentaires.

Je rappelle comment la chaîne présente elle-même cette émission : "Chaque soir, un débat accompagne la diffusion d'un documentaire. En quête de sens, ce rendez-vous prend de la hauteur et lance les discussions pour prolonger le regard du réalisateur et répondre au questionnement soulevé."

La chaîne ne revendique donc pas présenter un doc "chimiquement pur" mais s'appuyer sur un doc (qui porte le regard de son auteur), pour soulever des questions d'intérêt public et essayer d'y apporter des éléments de réponse contradictoires.
Les invités sont en général l'auteur du doc (ou co-auteur ou tiers proche de la vision exposée dans le doc) et d'autres personnes étrangères à la réalisation du doc dont certaines sont là pour apporter un éclairage qui peut être radicalement différent.
Et ce fut le cas hier soir.
Objectif atteint donc.

Et au bout de tout ça, qualifier l'ensemble comme étant de la merde, c'est du dénigrement pur et simple.
 
Dernière édition:
Non seulement on peut prendre le doc seul, mais c'est comme ça qu'il a été conçu. Il est passé plusieurs fois à la TV en deux ans, le débat d'hier soir est un ajout de LCP.

Je n'ai pas vu le débat (pas d'accès au replay depuis l'étranger) donc je ne me prononce pas dessus.
 
En l’occurence, je dirais plutôt le parti pris systématique de "simplification" pour rendre le sujet accessible à Mme Michu.
Il y a probablement (flemme de chercher ??) une différence de protection entre Fessenheim et les modèles français suivants.
Comparer le niveau de protection de Fessenheim avec celui de Tchernobyl est certainement une simplification excessive.
C’est valable pour tous les sujets : un spécialiste trouvera toujours le babil journalistique approximatif... dans le meilleur des cas.
De nos jours, avec la source de l’information accessible, si on veut s’en donner la peine, il est plus aisé de se former sa propre opinion.
Je suis tout à fait d'accord avec toi, le vrai problème, même si nous faisons l'effort de bien nous informer, c'est que l'extrémisme persiste, si nous sommes convaincus de quelque chose même si nous trouvons quelqu'un qui nous "contredit" scientifiquement, nous continuons notre chemin et ceci est valable pour toutes choses.
Il est très difficile de trouver un "esprit libre" qui se remet en question.
 
Mais l'objectivité et la subjectivité relèvent des opinions.
J'avoue avoir décroché dès cette phrase. Pas grave.
Nous sommes d'accord je pense sur le fait que les faits sont objectifs, et les humains généralement subjectifs sauf s'ils relatent un fait dûment vérifié ?
Aujourd'hui il fait 17ºC à l'ombre sur mon balcon et à 50 cm d'une partie ensoleillée : c'est objectif aux erreurs du thermomètre près. Et ce fait est déjà fragile...
Aujourd'hui il fait très beau : c'est ma subjectivité qui le dit, et c'est très flou.
 
1) le niveau de protection offert à Fessenheim n'est pas au niveau des autres installations françaises (et sous-entendu ne répond plus à notre niveau d'exigence actuel). Si tant est que ce soit exact (Comme Flyer34, la flemme de chercher), il me semble que c'est l'info essentielle, et qui peut justifier le choix de fermeture
2) le niveau de protection de Fessenhiem était équivalent (voire identique) à celui de Tchernobyl, où il y aurait pour le moins une approximation (il y a aussi des systèmes de confinement sur les centrales du type de Tchernobyl si j'ai bien compris ce que je l'ai lu rapidement, mais de type modulaires, donc moins robustes)
1) le choix de fermeture a été depuis 2012 100% politique. On peut tourner le sujet dans tous les sens, parler sûreté, tremblements de terre, canal du Rhin et ce qu'on veut : on n'a pas fermé la centrale à cause de ça. C'est l'inverse qui est vrai : comme on a décidé de fermer la centrale en 2012, on a choisi de ne pas faire tous les travaux post-Fukushima (DUS, radier, autres) au cours de la décennie 2010-2020. Mais ce n'est pas la cause de la fermeture : c'est une conséquence.

2) c'est factuellement faux. Il n'y a pas d'enceinte de confinement à Tchernobyl, autrement dit on n'a pas prévu une fusion totale du cœur. C'est ce qui a fait qu'autant de matières ont été rejetées lors de l'accident. La comparaison du documentaire est mensongère, et le niveau de protection entre les deux n'a rien à voir. En fait ils auraient du choisir l'autre centrale qui a connu une fusion du coeur : Three Miles Island. Celle-ci est quasiment identique à Fessenheim - et l'enceinte de confinement a fait qu'il n'y a quasiment pas eu de conséquences pour les riverains. Rien à voir avec Tchernobyl.

Et après avoir visionné l'ensemble du machin, c'est juste un des nombreux points qui ne collent pas. En fait tout le documentaire va de travers. Ils donnent facilement 80% du temps de parole à des activistes anti. Les mecs "posent des questions" et "soulèvent des points" qui ont déjà été répondus des dizaines des fois (y compris sur ce topic) ; mais le documentaire ne donne pas ces réponses et laisse croire que ce sont des sujets sans solution, or rien n'est plus faux. Même technique que les mecs qui nous expliquent que le vaccin va changer notre ADN et eux sont les seuls à l'avoir compris.

"On ne sait pas que faire des déchets", "combien coûtera le démantèlement", "les seuils de libération font qu'on va se retrouver avec des poêles radioactives", tous ces sujets ont déjà été disséqués des tas de fois, mais ici on a juste des gens qui soulèvent des questions sans réponse.

PS. J'ai bien ri pour "l'analyse de la rentabilité" de Fessenheim. Le journaliste n'a pas été chercher des chiffres de la Cour des Comptes, n'a pas été lire les comptes d'EDF : c'est un certain Lucien Jenny, entrepreneur à la retraite, qui est interviewé et qui affirme que la centrale n'était pas rentable. Le mec en question est juste un activiste anti-nucléaire de longue date, mais ce n'est pas précisé. Ça m'a rappelé le guignol qui faisait cuire de l'argilite sur sa cuisinière à gaz, et comme ça faisait des étincelles, il concluait que CIGEO va exploser. Même "niveau de preuve". Je suppose que ça marche avec des gens qui connaissent les cuisinières à gaz, et qui supposent qu'ils n'ont pas besoin de savoir le reste.
 
Aujourd'hui il fait 17ºC à l'ombre sur mon balcon et à 50 cm d'une partie ensoleillée : c'est objectif aux erreurs du thermomètre près. Et ce fait est déjà fragile...
Aujourd'hui il fait très beau : c'est ma subjectivité qui le dit, et c'est très flou.
Si tu te bases uniquement sur ton thermomètre pour fonder ton opinion, alors il faut qu'il soit juste sinon tu n'es ni objectif ni subjectif, tu es dans l'erreur.
De la même manière, si on a de fausses informations sur un sujet (apparemment il y avait des contre-vérités dans le reportage), difficile de prétendre avoir une opinion éclairée.
 
De la même manière, si on a de fausses informations sur un sujet (apparemment il y avait des contre-vérités dans le reportage), difficile de prétendre avoir une opinion éclairée.
Mais comment distinguer les fausses nouvelles des vraies nouvelles lorsqu'elles sont données par des "spécialistes" ?
Je n'ai pas les compétences pour comprendre ce qui est une fausse nouvelle ou, en tout cas, une nouvelle partiale (rappelons qu'il est facile pour ceux qui connaissent le sujet d'omettre ou d'exalter certaines réalités afin de changer complètement la direction du discours), et comme moi je pense que la plupart des gens le sont.
Je suis d'accord avec @FLYER34 et j'essaie également de m'informer auprès de sources multiples mais, dans tous les cas, je trouve qu'il est très difficile de trouver une véritable vérité.
J'aimerais savoir combien de personnes que l'on voit manifester, même violemment, dans les rues (pour et contre, pas seulement sur le nucléaire) savent vraiment pour quoi elles manifestent. Je vois parfois des interviews de certains de ces manifestants dans les rues, et leurs réponses me laissent vraiment choqué.
 
1) le choix de fermeture a été depuis 2012 100% politique. On peut tourner le sujet dans tous les sens, parler sûreté, tremblements de terre, canal du Rhin et ce qu'on veut : on n'a pas fermé la centrale à cause de ça. C'est l'inverse qui est vrai : comme on a décidé de fermer la centrale en 2012, on a choisi de ne pas faire tous les travaux post-Fukushima (DUS, radier, autres) au cours de la décennie 2010-2020. Mais ce n'est pas la cause de la fermeture : c'est une conséquence.

Il n'y a rien de 100% politique.
A la base, il y a la position des écolos qui repose sur des arguments techniques que tu cites et que tu peux ne pas partager, arguments techniques qui comprennent les caractéristiques de l'enceinte (dimensionnement, vieillissement, etc).
Donc la chronologie est bien : arguments techniques (dont propriétés enceinte) => positon des écolos => tractations politiques/politiciennes => adoption de la décision de fermeture => investissements sélectifs après 2012.
Si les travaux effectués après 2012 sont de toute évidence liés à la décision de fermeture, il est tout aussi évident que la nature de l'enceinte n'est pas une conséquence de la décision de fermeture. Elle est inhérente à la conception de cette tranche du programme nucléaire. et tous les investissements du monde n'auraient rien changé à la nature de cette enceinte à simple paroi.

....Les mecs "posent des questions" et "soulèvent des points" qui ont déjà été répondus des dizaines des fois (y compris sur ce topic) ; ....

"On ne sait pas que faire des déchets"
Bah c'est pas parce que tu répètes des dizaines de fois que le problème des déchets est résolu en mettant la poussière sous le tapis à Bure que ça en fait une vérité hein....

Et le coût du démantèlement, on y a répondu ? On n'est même pas foutus de chiffrer correctement le coût de construction de l'EPR avec des rallonges chaque année, et on saurait chiffrer le coût d'un démantèlement qui s'étale sur plusieurs décennies. En 2005 la cour des comptes évaluait le coût du démantèlement de Brennilis à côté de chez moi à 482M€ (20 fois plus que les estimations datant de la fin des années 70). En 2021, EDF annonçait cette fois 850M€.
Quand en 2005 la même cour des comptes estime à 70Md€ le démantèlement de l'ensemble du parc français (plus de 50 réacteurs), les anglais prévoient plus de 100Md€ pour 20 réacteurs...
Dans un rapport de 2020, la cour des comptes relève que les démantèlements en cours sont soumis à des contraintes techniques et financières et "connaissent d'importantes dérives de coûts prévisionnels". Mais bien sûr, on peut toujours aller mettre un cierge pour qu'à l'avenir, tout se passe mieux...

C'est vrai que tout cela donne l'impression de savoir où on va exactement... La question a peut-être été déjà répondue des dizaines de fois, mais probablement avec autant de réponses différentes...
 
Pas pu tout regarder, désolé, mais quand la dame du nucléaire indique que, dans le "reportage", le mot "gaz" n’est pas cité, je la crois.
Quand le monsieur de Négawatt dit que l’ADEME et, surtout, RTE démontrent que le 100 % EnR ne coûtera pas plus cher qu’un mix avec du nuke, je crois que ce monsieur n’a pas lu les mêmes versions de ces rapports que moi.
 
A la base, il y a la position des écolos qui repose sur des arguments techniques que tu cites et que tu peux ne pas partager, arguments techniques qui comprennent les caractéristiques de l'enceinte (dimensionnement, vieillissement, etc).
Donc la chronologie est bien : arguments techniques (dont propriétés enceinte) => positon des écolos => tractations politiques/politiciennes => adoption de la décision de fermeture => investissements sélectifs après 2012.
Si les travaux effectués après 2012 sont de toute évidence liés à la décision de fermeture, il est tout aussi évident que la nature de l'enceinte n'est pas une conséquence de la décision de fermeture. Elle est inhérente à la conception de cette tranche du programme nucléaire. et tous les investissements du monde n'auraient rien changé à la nature de cette enceinte à simple paroi.
Ce que tu décris là c'est un scénario rationnel de ce qui aurait pu se passer. Mais ce n'est pas ce qui s'est passé.

EELV ne demandait pas la fermeture de Fessenheim parce qu'il y a une seule enceinte. EELV demande la fermeture de tous les réacteurs, quel que soit leur âge, leur type, leur nombre d'enceintes, leur exposition à des aléas etc. C'est dans leurs statuts. Le parti s'est construit autour de ça. Pour eux, il n'y a pas de réacteur sûr, et ce n'est absolument pas le nombre d'enceintes qui compte : ils doivent tous être arrêtés.

En 2011 il y a eu un accord électoral entre le PS et EELV. Cet accord prévoyait l'arrêt de 24 réacteurs, en commençant par Fessenheim, "parce que c'est la plus ancienne". Personne n'a mentionné le nombre d'enceintes des 24 réacteurs, ni un autre critère d'ailleurs.

Dans tous les cas, cette décision reste 100% politique : c'est le fruit d'un accord entre deux partis politiques qui ont formé une coalition. C'est respectable en soi : c'est le fonctionnement de la démocratie. Mais il ne faut pas le faire passer pour une question de sûreté. L'ASN l'a dit et écrit à X reprises, pour eux la centrale pouvait continuer à fonctionner à condition de faire les travaux post-Fukushima. C'était même une des plus sûres du parc, avec un niveau de sûreté au-dessus de la moyenne. Si demain EELV au pouvoir décide d'interdire les vaccins, alors que les autorités sanitaires confirment qu'ils sont sûrs, ce ne sera pas une décision sanitaire : ça restera une décision politique. Il faut au moins le courage de ses convictions.

Bah c'est pas parce que tu répètes des dizaines de fois que le problème des déchets est résolu en mettant la poussière sous le tapis à Bure que ça en fait une vérité hein....
Je dirais plutôt : c'est pas parce que tu trouves des inconvénients à une solution que tu connais mal et qui est validée par plein de pays (Suisse, Finlande, Suède, France, Belgique, Chine....) qu'elle n'existe pas. T'as beau te boucher les yeux et les oreilles, la solution est là, en train d'être mise en œuvre. Les suédois sont même en avance sur la France. On SAIT que faire des déchets ; on est en train de le faire. "Il n'y a pas de solution" est un mensonge factuel qui devrait être remplacé par "je n'aime pas la solution parce que ceci cela".

Accessoirement, dans le reportage la discussion était sur les déchets TFA, c'est encore plus ridicule de dire qu'on ne sait pas quoi en faire, puisqu'on le fait déjà, et qu'en plus tous les autres pays ont décidé en gros que ce ne sont même pas des déchets nucléaires. Seule la France se fait suer à traiter avec un luxe de précautions des matières qui sont en moyenne aussi radioactives que le granit. Et on a encore des activistes pour nous expliquer que ce n'est pas assez.

Et le coût du démantèlement, on y a répondu ?
Oui, tu le dis toi-même plus bas. La Cour des Comptes, pas vraiment un repaire de lobbyistes, a déjà donné des bonnes idées des coûts à venir. Et le plus important est surtout leur conclusion que même si les coûts devaient doubler, ce qui est peu probable au vu de l'expérience, l'impact sur le coûts de l'électricité serait négligeable - parce que c'est une très faible partie des coûts de prod, et parce que c'est en très grande partie déjà provisionné. C'est dommage que le réalisateur du documentaire n'ait pas parlé de ça, mais qu'il ait choisi un retraité du village pour parler de la rentabilité de Fessenheim.



La démocratie, c'est le respect des institutions de l'état. Quand on répand la parole de quidams en passant complètement sous silence les analyses d'organismes indépendants comme l'ASN ou la Cour des Comptes, ce n'est pas un documentaire : c'est de la désinformation. T'as le droit de le trouver "de qualité" bien sûr. Après tout il y a encore beaucoup de gens qui apprennent tous les jours dans France Soir que les vaccins sont une catastrophe.
 
En 2011 il y a eu un accord électoral entre le PS et EELV. Cet accord prévoyait l'arrêt de 24 réacteurs, en commençant par Fessenheim, "parce que c'est la plus ancienne". Personne n'a mentionné le nombre d'enceintes des 24 réacteurs, ni un autre critère d'ailleurs.
Tu es donc d'accord pour dire qu'EELV n'a pas demandé un arrêt immédiat de tous les réacteurs. Et que leur demande était d'arrêter d'abord les plus anciens.
Mais tu n'y vois aucun lien avec les caractéristiques des réacteurs les plus anciens, leur vieillissement (dont celui du béton des enceintes ou de la peau métallique des enceintes mono-paroi), et autres critères liés à leur environnement.
Donc pour toi, ils sont tellement cons, qu'ils auraient pu tout aussi bien demander à commencer par les plus récents ou tirer au hasard l'ordre dans lequel ils devaient être arrêtés quoi...pour peu qu'on enclenche le processus...
Évidemment non !
Si leur exigence était de commencer par les plus anciens, c'est qu'ils apportent des garanties moindres de sécurité et exigent plus d'investissements pour les mettre au niveau attendu.


Je dirais plutôt : c'est pas parce que tu trouves des inconvénients à une solution que tu connais mal et qui est validée par plein de pays (Suisse, Finlande, Suède, France, Belgique, Chine....) qu'elle n'existe pas. T'as beau te boucher les yeux et les oreilles, la solution est là, en train d'être mise en œuvre. Les suédois sont même en avance sur la France. On SAIT que faire des déchets ; on est en train de le faire. "Il n'y a pas de solution" est un mensonge factuel qui devrait être remplacé par "je n'aime pas la solution parce que ceci cela".

Bien sûr bien sûr.... Ce sont probablement les mêmes qui trouvent que c'est une solution que d'envoyer nos déchets plastiques, textiles et électroniques dans le tiers monde, où leur "traitement" se fait dans des conditions sociales et sanitaires exemplaires... C'est bien ce que moi j'appelle mettre la poussière sous le tapis...
Les mêmes qui nous disent depuis la fin des années 80 que l'EPR c'est l'avenir, et qui n'arrivent même pas à le mettre en route en France, malgré des investissements colossaux, qui n'auront pas permis d'éviter divers défauts majeurs sur les installations.

Oui, tu le dis toi-même plus bas. La Cour des Comptes, pas vraiment un repaire de lobbyistes, a déjà donné des bonnes idées des coûts à venir.

La démocratie, c'est le respect des institutions de l'état. Quand on répand la parole de quidams en passant complètement sous silence les analyses d'organismes indépendants comme l'ASN ou la Cour des Comptes
D'accord, d'accord... Et donc tu choisis quelle institution d'Etat exactement ?
Le PEON qui à la fin des années 70 estimait le démantèlement de Brennilis à 20M€ ?
La cour des comptes qui évaluait le même démantèlement à 400M€ en 2005 ?
Ou EDF, qui sans être une institution a des liens étroits avec l'Etat, et qui estime le même démantèlement à 850M€ en 2021 ?
Il y en a une qui est plus intelligente ou plus légitime que l'autre ? Celle qui donne le chiffre qui te convient le mieux ?
Les institutions anglaises sont plus bêtes que les institutions françaises pour faire un chiffrage sensiblement différent du chiffrage français ? Ou alors en France on sait faire beaucoup mieux avec beaucoup moins ?
Et quand bien même on s'en tiendrait à la sainte parole de la cour des comptes, on met de côté le fait qu'elle constate elle-même que les chantier de démantèlement connaissent d'importantes dérives de coûts prévisionnels". Ou il y a des mots qu'il faut expliquer dans cette dernière phrase ?
 
Oui, tu le dis toi-même plus bas. La Cour des Comptes, pas vraiment un repaire de lobbyistes, a déjà donné des bonnes idées des coûts à venir. Et le plus important est surtout leur conclusion que même si les coûts devaient doubler, ce qui est peu probable au vu de l'expérience, l'impact sur le coûts de l'électricité serait négligeable -
La cour des comptes donne des éléments chiffrés sur cet aspect : La Cour des comptes souligne que pour une augmentation du coût de démantèlement de 50 %, l’impact sur le coût du kWh du parc existant serait de 2,5 % ; de même, si le coût du projet Cigéo devait doubler, l’impact ne serait que de 1 % sur le coût du kWh produit par le parc nucléaire. (source SFEN....je pense que ça te va...ce ne sont pas écolos farfelus jusqu'à preuve du contraire).

Alors tu es peut-être de ceux qui considèrent que des augmentations de 2,5% par-ci, 1% par-là, ça ne finit pas par peser sur le budget des ménages, mais là encore, on ne pourra pas se retrouver...
 
Vu que le coût de prod représente moins d'un tiers du coût de vente du courant (le reste c'est réseaux et taxes), le 1% du doublement du coût de CIGEO représenterait moins de 0,3% d'augmentation du prix du kWh pour le consommateur. Et en effet je fais partie des gens qui considèrent que +0,3% d'augmentation du coût est un détail, surtout quand on a eu le courant le moins cher d'Europe occidentale pendant 40 ans.
 
Mais tu n'y vois aucun lien avec les caractéristiques des réacteurs les plus anciens, leur vieillissement (dont celui du béton des enceintes ou de la peau métallique des enceintes mono-paroi), et autres critères liés à leur environnement.
L'ordre qu'ils préconisent est précisé sur leur site. Ils font un mix d'âge, de risques et importance dans le système. Le problème étant qu'ils pensent que leur parti politique est mieux capable d'estimer le risque : ils qualifient Fessenheim de "la plus dangereuse" alors que l'ASN disait que c'était l'une des plus sures.
Donc pour toi, ils sont tellement cons, qu'ils auraient pu tout aussi bien demander à commencer par les plus récents ou tirer au hasard l'ordre dans lequel ils devaient être arrêtés quoi...pour peu qu'on enclenche le processus...
Ils sont encore plus cons : ils pensent mieux savoir que des spécialistes qui étudient le sujet depuis des décennies. Ce n'est pas un parti politique qui détermine si le rapport bénéfices/risques d'un médicament est positif. Et s'ils prennent une décision contraire aux avis des autorités sanitaires, oui, ils sont vraiment cons.

Si leur exigence était de commencer par les plus anciens, c'est qu'ils apportent des garanties moindres de sécurité
Ça, c'est ton opinion. L'ASN ne la partage pas. Je fais plus confiance à l'ASN : eux disposent de faits et de connaissances dont tu ne soupçonnes même pas l'existence (et moi non plus probablement).

Bien sûr bien sûr.... Ce sont probablement les mêmes qui trouvent que c'est une solution que d'envoyer nos déchets plastiques, textiles et électroniques dans le tiers monde, où leur "traitement" se fait dans des conditions sociales et sanitaires exemplaires... C'est bien ce que moi j'appelle mettre la poussière sous le tapis...
Les mêmes qui nous disent depuis la fin des années 80 que l'EPR c'est l'avenir, et qui n'arrivent même pas à le mettre en route en France, malgré des investissements colossaux, qui n'auront pas permis d'éviter divers défauts majeurs sur les installations.
Non, c'est pas "les mêmes". L'ANDRA ne s'occupe ni des déchets plastiques, ni de construire des EPR. Ceci n'est pas un argument, c'est un gloubiboulga à tendance complotiste : "les mêmes qui ne savent pas faire un vaccin pour le VIH nous disent qu'ils ont trouvé un vaccin contre le covid". Ben non, ce n'est pas les mêmes, ce n'est pas le même sujet : ce sont des questions différentes répondues par des gens différents. Si certains font de la merde (ce qui reste à prouver), ça n'a quand même pas de lien avec les autres.
 
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