Je n'ai pas vu le doc ni le débat, mais je crois aisément que l'ensemble ait pu être de grande qualité.
A travers ce sujet du nucléaire, j'ai l'impression que
@FoLuxo pose un problème bien plus vaste et vieux comme le monde : celui de l'objectivité de la presse.
Je pense qu'aucune presse n'est objective, vu qu'il y a des humains derrière la plume. Et chacun des humains qui a contribué à l'émission est soit pro, soit anti.
Par ailleurs les budgets de la presse ne sont pas infinis, le temps imparti pour produire un article ou une émission non plus, le tout aboutissant fatalement à des erreurs et approximations.
C'est vrai pour tous les domaines.
L'erreur que tu signales Foluxo est dans doute celle d'un anti, et au final tu as rejeté le bébé, mais peut-être que l'ensemble était "équilibré" à défaut d'être parfait ?
En l’occurence, je dirais plutôt le parti pris systématique de "simplification" pour rendre le sujet accessible à Mme Michu.
Il y a probablement (flemme de chercher ??) une différence de protection entre Fessenheim et les modèles français suivants.
Comparer le niveau de protection de Fessenheim avec celui de Tchernobyl est certainement une simplification excessive.
C’est valable pour tous les sujets : un spécialiste trouvera toujours le babil journalistique approximatif... dans le meilleur des cas.
De nos jours, avec la source de l’information accessible, si on veut s’en donner la peine, il est plus aisé de se former sa propre opinion.
C'est exactement tout cela à la fois.
Nous commettons tous occasionnellement,
dans le cadre de notre activité professionnelle, aussi consciencieux soit-on, des approximations, des erreurs, ou encore des impasses par faute de temps ou de moyens. Il est également impossible d'aborder un sujet sans nous départir totalement de nos a-priori, même inconsciemment. Et tout spécialiste qu'on soit de notre domaine, il y aura toujours des petites niches de ce domaine qui échapperont à notre connaissance et à notre compréhension des choses.
Pourquoi ne pas accepter qu'il en soit de même pour les professionnels que sont les journalistes, d'autant qu'au cours d'un travail d'investigation, ils vont collecter une somme gigantesque d'informations et devoir les retranscrire, dans des domaines où ils n'ont pas nécessairement une expertise poussée à l'extrême. Dans ces conditions on peut comprendre que des informations reçues ne soient pas parfaitement comprises et donc retranscrites, sans pour autant qu'il y ait une volonté de désinformation.
Autrement dit, pourquoi ne pas aborder tout cela plus sereinement, sans procès d'intention (pour ne pas parler d'une forme de complotisme...), en se contentant d'apporter des rectificatifs factuels sur les points qui le méritent...
De plus FoLuxo focalise sur la comparaison avec Tchernobyl. Mais dans l'affirmation de la narratrice il y a deux volets :
1) le niveau de protection offert à Fessenheim n'est pas au niveau des autres installations françaises (et sous-entendu ne répond plus à notre niveau d'exigence actuel). Si tant est que ce soit exact (Comme Flyer34, la flemme de chercher), il me semble que c'est l'info essentielle, et qui peut justifier le choix de fermeture
2) le niveau de protection de Fessenhiem était équivalent (voire identique) à celui de Tchernobyl, où il y aurait pour le moins une approximation (il y a aussi des systèmes de confinement sur les centrales du type de Tchernobyl si j'ai bien compris ce que je l'ai lu rapidement, mais de type modulaires, donc moins robustes)
Et sur la base du seul point 2, FoLuxo décide, au bout de 3', de jeter le bébé avec l'eau du bain comme tu le dis Grigou.
Ce n'est pas très honnête non plus intellectuellement comme démarche si ?
Pour info, les participants au débat qui a suivi le doc (et dans cette émission le débat est souvent au moins aussi intéressant que le doc lui-même) étaient :
- Marc-Antoine Eyl Mazzega : Directeur du Centre Energie et Climat de l'IFRI (Institut français des relations internationales).
- Valérie Faudon : Déléguée générale de la SFEN (La société Française d'énergie Nucléaire). Une association scientifique dont les contributeurs sont les principaux acteurs du secteur nucléaire.
- Yves Marignac : Consultant sur le nucléaire et la transition énergétique au sein de l'institut négaWatt, auteur de "Manifeste NegaWatt: réussir la transition énergétique" publié chez Acte Sud